Présidentielle en Libye : la lettre de Saïf al-Islam Kadhafi à Poutine

0
89

Depuis qu’il est reparti libre de sa cellule de la prison de Zintan en juin 2017, Saïf al-Islam Kadhafi ronge son frein. Désormais, le fils cadet de Mouammar Kadhafi semble se préparer à sa première sortie sous les projecteurs pour affirmer son poids politique. En préparation de sa candidature à la présidentielle, Saïf al-Islam Kadhafi s’est fendu d’une lettre au préside à Vladimir Poutine, le président de la Russie, seule puissance étrangère à juger que Kadhafi fils a un rôle à jouer dans la résolution de la crise libyenne. Mais le calcul serait beaucoup plus large.

Entre le glaive de la CPI qui le menace de poursuites et la pression de sa condamnation par un tribunal de Tripoli, Saïf al-Islam Kadhafi a trouvé une troisième voie plus salutaire. A mots couverts, le second fils de Mouammar Kadhafi s’apprête à endosser son costume de présidentiable. Et le projet commence plutôt par la quête d’alliés pour une légitimité internationale.

Présidentiable, il valide la feuille de route onusienne

Ce 4 décembre, Saïf al-Islam envoie Mohamed al-Kaïlouchi et Mohamed al-Ghadi, deux émissaires à la tête d’une délégation pour rencontrer Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre russe des Affaires étrangères et envoyé spécial du président Poutine pour l’Afrique. Non sans plaider d’abord la cause du second fils de Mouammar Kadhafi, les deux émissaires se sont faits les porteurs d’une lettre destinée au président russe Vladimir Poutine. Que contient donc cette missive ?

A moins d’être dans les secrets du Kremlin, difficile de répondre avec exactitude à cette question. Mais l’on subodore que Saïf al-Islam y plaide sa cause en perspective de la présidentielle que la communauté internationale souhaite qu’elle se tienne en juin 2019 lors des élections générales. Avec sa missive, le fils de Mouammar Kadhafi établit des contacts avec la Russie afin que celle-ci pèse de tout son poids diplomatique dans la feuille de route tracée par l’ONU pour une sortie de crise.

«Saïf al-Islam soutient, fait savoir Mohamed Al Kaïlouchi dans une interview au site arabophone de « Russia Today« , la tenue d’une conférence nationale de tous les Libyens sans exclusion, loin de toutes interférences extérieures» pour tenter de faire sortir, par une réconciliation nationale suivie d’élections, la Libye de la crise dans laquelle elle est plongée depuis la mort de Mouammar Kadhafi en 2011. Même si le second émissaire tente de brouiller les pistes, l’évidence est visible.

Le poids de la Russie de Poutine

Saïf al-Islam Kadhafi sera bien candidat à la présidentielle libyenne puisqu’il «sera inscrit sur les listes dès que celles-ci seront ouvertes. Le peuple libyen a le droit de choisir», comme le confirme son avocat Khaled al-Ghouwail dans une conférence de presse aux médias russes. Dans ce projet, le fils de l’ex-guide de la Jamahiriya a vite fait de relever auprès de la Russie son adhésion sans restriction à la feuille de route de l’ONU pilotée par Ghassan Salamé. Un moyen de jouer une puissance contre les autres ?

Le lobbying russe au sein de l’ONU devrait lui permettre d’avoir un siège à la table des discussions sur l’avenir de la Libye. La Russie a estimé que le fils de Mouammar Kadhafi est un des personnages clés dans le règlement de la crise libyenne. La légitimité de Saïf al-Islam fera sans doute le reste. Auréolé de son titre de chef du Conseil suprême des tribus libyennes, il pourrait se poser en alternative à Fayez al-Sarraj que l’on dit trop débonnaire face aux rebelles et Khalifa Haftar, que l’on dit malade. De là à en faire le successeur de son père, il y a un fossé que seule la tenue effective des élections pourrait confirmer.

Source : La Tribune Afrique

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here