Assassinat de Norbert Zongo : François Compaoré sera extradé vers le Burkina

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On ne sait pas encore quand, ni comment. Mais François Compaoré est sur le chemin d’une extradition vers le Burkina-Faso où il doit répondre dans le procès de l’assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo alors qu’il enquêtait lui-même sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré, le frère de Blaise Compaoré. C’est la perspective que vient d’ouvrir la justice française avec son verdict de ce mercredi 5 décembre 2018

Vingt ans après, les cadavres ressortent du placard. Avec son exil post-révolution à Paris où vit sa femme, François Compaoré, le frère de Blaise Compaoré, se pensait peut-être paré d’un parapluie anti-poursuite. Ce 5 décembre 2018, la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris vient de lui rappeler que non.

Aller expresse vers le Burkina?

La juridiction française a rendu un avis favorable à l’extradition de «Petit Président», le surnom du frère de l’ex-président du Burkina-Faso. Le régime de contrôle judiciaire auquel est soumis François Compaoré, depuis son arrestation en octobre 2017 à l’aéroport Roissy Charles De Gaule, pourrait désormais se transformer en un aller expresse vers le Burkina avec cette décision inédite de la justice française.

Après des reports pour « nécessité d’informations complémentaires », la Cour d’appel de Paris a ouvert le boulevard à une bataille de prétoires. Celle-ci pourrait d’abord se prolonger à Paris puisque la défense de « Petit Président » compte exploiter toutes les anomalies du dossier présenté par les autorités burkinabè pour extrader le frère de Blaise Compaoré. Les recours devraient donc se multiplier pour tenter de bloquer la livraison de François Compaoré.

La procédure peut prendre des semaines voire des mois avant de pouvoir apercevoir la silhouette trapue de « Petit Président » à la barre d’un tribunal bukinabé. Pourtant, selon les enquêteurs burkinabé qui lui ont collé l’étiquette de suspect numéro 1, son témoignage serait déterminant pour éclairer la sombre affaire de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo.

20 ans après l’assassinat de Norbert Zongo

« Cui bono? », (A qui profite le crime)?, s’interroge-t-on dans le Burkina post-révolution où l’on a rouvert les dossiers gelés pendant le règne de Blaise Compaoré. Le 13 décembre 1998, Norbert Zongo est assassiné en compagnie de trois de ses compagnons. Depuis plusieurs mois déjà, le journaliste menait des investigations et était proche d’élucider le mystère de la mort de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré. Il n’aura pas le temps de livrer ses conclusions.

Depuis, d’enquête en procès, l’affaire Norbert Zongo conduit soit à un non-lieu faute de preuves -volontairement ou non écartées-, soit à des renvois intempestifs. Les familles des victimes espèrent désormais que les suspects ne soient plus sous protection d’un régime, le dossier pourrait peut-être avancé. Et les témoins ou suspects raconter leur part de vérité.

Source : La Tribune Afrique

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