Les femmes leaders de la RCA autour de la Résolution 1325

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« Il n’y a pas de paix sans les femmes. Vos voix sont la voie de la sagesse », fait valoir le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga-Anyanga, pour souligner l’importance du rôle de la femme dans la recherche et le maintien de la paix et la sécurité. Une affirmation faite, le 22 novembre 2018 à  Bangui, à  l’intention des femmes leaders de la plateforme d’organisations féminines dont l’Organisation des Femmes de Centrafrique (OFCA), du Réseaux pour le Leadership de la Femme en Centrafrique (RELEFCA) et du Réseau des Femmes Africaines Ministres et Parlementaires (REFAMP) réunies lors d’une table ronde sur l’analyse de l’implication des femmes centrafricaines dans la résolution de la crise.

Cette rencontre, organisé par la MINUSCA, en collaboration avec l’équipe pays des Nations Unies en RCA, s’inscrit dans le cadre de l’édition 2018 de la Journée portes ouvertes sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU dédiée aux femmes, la paix et la sécurité, mettant ainsi en relief l’importance d’une participation active des femmes, dans des conditions d’égalité, à  la prévention et au règlement des conflits.

« Vous entendre, vous donner la parole et bénéficier de vos réflexions, de vos commentaires, de vos suggestions, de vos recommandations pratiques sur la manière la plus idoine d’améliorer encore notre partenariat pour qu’il soit véritablement gagnant pour la cause que nous poursuivons », a aussi soutenu le Chef de la MINUSCA, affirmant que l’organisation des Nations Unies est « consciente du rôle crucial que continue de jouer les Centrafricaines dans la recherche de la paix ».

Depuis la mise en œuvre en RCA de ladite Résolution, bien d’avancées ont été enregistrées comme le souligne la Ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant, Aline Gisèle PANA, venu représenter le gouvernement centrafricain : « la mise en œuvre de la 1325 a permis à  notre pays la RCA de disposer d’un cadre normatif favorable qui est en évolution, de prendre des mesures de prévention et de protection des femmes et de mettre en place des mécanismes nationaux pour la promotion des droits des femmes et filles », a-t-elle indiqué.

La Ministre PANA a aussi inscrit au nombre des mesures prises par le gouvernement pour la promotion des droits des femmes et filles « la prise en compte de l’égalité des sexes dans la Constitution du 30 mars 2016, la promulgation de la loi sur la parité, l’opérationnalisation de l’Unité Mixte d’intervention rapide et de répression des violences faites aux femmes et aux enfants (UMIRR), la mise en place de la cour pénale spéciale avec le volet violence sexuelle basée sur le genre, l’intégration du genre dans la réforme du secteur de la sécurité, etc. » Mais bien de défis demeurent, au nombre desquels « la persistance de l’insécurité et la faible implication des femmes dans le processus de négociation de paix à  l’échelle nationale et internationale ».

Une préoccupation partagée par les femmes leaders qui, l’une après l’autre, ont relevé que les inégalités du genre demeurent une préoccupation, soulignant notamment la faible application des textes, l’insuffisance de la mobilisation des ressources pour la mise en œuvre de la résolution 1325 et, principalement, une faible représentativité des femmes dans les instances de décisions.« Dans la vie traditionnelle, les femmes étaient très écoutées, mais à  notre époque, l’éducation s’avère nécessaire à  l’intention de nos hommes qui nous relèguent toujours au second rang », a indiqué Marguerite Ramadan, Présidente de l’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA).

« Je nous exhorte à  nous mobiliser et à  nous unir au sein de notre communauté respective pour contribuer au rétablissement de la paix et du développement de notre pays », a lancé la Ministre PANA à  l’endroit des participantes, avant de remercier, au nom du gouvernement, les Nations Unies en général pour avoir réuni les femmes de Centrafrique autour d’une problématique si préoccupante.

La table ronde a aussi vu la présence du Représentant spécial du Président de la Commission de l’Union africaine, l’Ambassadeur Moussa Nebié, des représentants des Agences du Système des Nations Unies, des membres du leadership de la Mission, ainsi que de plusieurs membres du personnel civil, de police et militaire de l’ONU.

Lancées en 2010 lors du 10ème anniversaire de la 1325, les journées portes ouvertes constituent une activité statutaire des Missions et Agences du système des Nations Unies, via des échanges interactifs sur les défis liés à  la mise en œuvre effective de ladite résolution sur le terrain et l’identification des actions et mesures stratégiques idoines.

Source : ABangui

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