Centrafrique : Le Premier ministre accuse la Minusca de passivité lors de l’attaque d’Alindao

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BANGUI –La MINUSCA est montrée du doigt par le Premier ministre, Simplice Matthieu Sarandji, lors de l’interpellation du gouvernement par les élus de la nation ce mercredi 21 novembre dans le massacre d’Alindao.

C’est sur un ton ferme que le Premier ministre Simplice Matthieu Sarandji montre le rôle que doivent jouer les casques bleus en Centrafrique « Le peuple centrafricain est un peuple qui a le droit de vivre comme tout autre peuple du monde. Il semble que nous sommes des bras cassés nous les Centrafricains pour que la Communauté internationale vole à  notre secours. Nous avons les casques bleus des Nations-Unies qui travaillent ici avec pour mission de protéger les Centrafricains…Mais malheureusement, le constat que nous faisons en ce moment est que les casques bleus ne sont pas à  la hauteur de notre attente, il faut le dire », a déploré le Premier ministre.

Le locataire de la primature a avoué ouvertement qu’il a reçu des informations sur l’attaque d’Alindao bien avant et en a fait part au numéro 2 de la MINUSCA pour que des dispositions sécuritaires soient prises.

« Je devais présider une cérémonie de décoration à  la base de la MINUSCA. J’avais posé cette question au Représentant spécial adjoint des Nations-Unies, monsieur, Kenny Gloogs. Je lui ai dit monsieur, j’ai reçu une information comme quoi le site de déplacés d’Alindao serait la cible d’une attaque en préparation. Il va me rassurer qu’ils sont aussi informés de cela et m’a promis que toutes les dispositions seront prises pour pallier cela. Je lui ai encore dit que je veux des réponses claires pour informer le Chef de l’Etat. Ce dernier m’a dit de rassurer le Président que la MINUSCA a déjà  pris des dispositions pour contenir cet assaut mais malheureusement après j’avais eu l’information d’un carnage à  Alindao », a dénoncé Simplice Matthieu Sarandji.

Autre son de cloche chez certains députés qui indexent le gouvernement et scandent que c’est son devoir d’assurer la protection des populations civiles sur toute l’étendue du territoire centrafricain et ne peut compter sur la MINUSCA qu’en dernier ressort. L’un des élus du peuple va jusqu’à  citer l’Article 3, Alinéa 1 de la Constitution de la RCA qui stipule que « Chacun a droit à  la vie et à  l’intégrité physique et morale. Il ne peut être dérogé à  ce principe qu’en application d’une loi. Nul ne sera soumis ni à  la torture ni au vol, ni à  des sévices ou traitements cruels, inhumains, dégradants ou humiliants ».

André Nalké-Dorogo, député de Berbérati 4, estime que le Premier ministre n’a pas été convaincant dans ses réponses et qu’au-delà  des mots le peuple attend de la part du gouvernement des actions concrètes pour le protéger. « Nous aurions souhaité plus d’engagement et plus d’actions parce que véritablement le peuple est en danger, malheureusement les réponses sont mitigées. Tout ce qu’on a pu retenir, c’est l’appel à  la solidarité et à  l’union sacrée. Nous estimons que ça ne serait pas seulement des mots pour permettre de sortir les Centrafricains de affres de l’insécurité, du massacre, de la mort », a précisé le député de Berberati 4.

Le Premier ministre demande à  tous de faire montre de sursaut patriotique. Clôturant cette séance d’interpellation, le Président de l’Assemblée Nationale, Laurent Gon Baba, exhorte le gouvernement à  poursuivre d’avantage les efforts pour remédier à  la recrudescence de la violence dans l’arrière-pays ces derniers temps

Source : ABangui

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