Santé d’Ali Bongo : qui seraient les personnalités de la vacance du pouvoir ?

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Dans l’entourage officiel tout comme dans le cercle familial, le message est clair : Ali Bongo est en convalescence en Arabie saoudite, ce qui ne l’empêche pas de continuer d’exercer ses fonctions de président. Un communiqué de la présidence est venu taire les rumeurs et les spéculations sur la santé du président gabonais, hospitalisé depuis le 24 octobre 2018. Si le dernier scénario venait à se présenter, qui sont les personnalités à suivre ?

«Le président de la République, chef de l’Etat, continue d’exercer ses fonctions», puisque les institutions de la République gabonaise «fonctionnent donc aujourd’hui parfaitement dans le strict respect de la Constitution». Ike Ngouoni Aïla Oyouomi, le porte-parole de la présidence, a voulu faire taire les rumeurs sur l’état de santé du président gabonais tout en reconnaissant implicitement la gravité.

«Saignement» ou AVC, la gravité d’une maladie confirmée

Victime d’un «saignement», selon la présidence, un AVC aggravé par une hypertension, selon d’autres sources, le président gabonais est «en phase de recouvrement de la plénitude de ses facultés physiques» depuis son hospitalisation au King Faisal Hospital de Riyad en Arabie Saoudite. En convalescence donc, mais sans altération de sa «faculté de gouverner» le pays depuis l’étranger. Loin des rumeurs parfois farfelues annonçant, vidéo montée à l’appui, son décès ou son coma léthargique.

Sans aller jusqu’à la poser frontalement, une question traverse le Gabon et même au-delà : qui seraient les personnalités d’une possible transition ? Elles sont peu nombreuses si l’on s’en tient à la Constitution gabonaise et sa manière d’organiser la vacance du pouvoir.

Lucie Milebou-Aubusson, une influente dauphine

Dès les premières rumeurs sur la santé du chef de l’Etat, les commentateurs se sont emparés de son nom. A 61 ans, la présidente du Sénat depuis 2015 est la seconde personnalité du pays dans l’ordre protocolaire. Cette ophtalmologue encartée au Parti démocratique gabonais (PDG) est la dauphine constitutionnelle en cas de vacance du pouvoir, comme le lui confère l’article 13 de la Constitution.

Aujourd’hui, l’influence de Lucie Milebou est cruciale. Surtout depuis la dissolution de l’Assemblée nationale par la Cour constitutionnelle lorsque les pouvoirs de la Chambre basse ont été transférés à son institution. Juste à sa suite, les six vice-présidents qui la suppléent font aussi partie des personnalités clefs d’une éventuelle succession que Lucie Milebou devrait assurer par intérim pour une période de 60 jours.

Marie-Madeleine Mborantsuo, la «faiseuse de rois»

Que ce soit pour (in)valider une élection, vérifier la conformité d’une loi à la Constitution ou décréter la vacance du pouvoir, Marie-Madeleine Mborantsuo est celle qui tient toutes les cartes en main. A 63 ans, «Triple M» -tel qu’on la surnomme- est la «femme la plus puissante» du Gabon.

Cette ancienne miss du Haut-Ogoué (le fief des Bongo), devenue magistrate après des études au Gabon et en France, règne depuis un Palais à colonnades situé sur le bord de mer. Ses interprétations parfois décriées de la Constitution confèrent à cette magistrate une aura de crainte teintée de mépris.

Inamovible présidente de la Cour constitutionnelle depuis 1991, cette «faiseuse de rois» a été l’arbitre institutionnelle de tous les différends électoraux ou législatifs qui ont traversé le Gabon depuis sa nomination. Gardienne de l’ordre institutionnel, son aval est décisif pour activer une transition de vacance du pouvoir

Ces personnalités du Château dans le comité de veille

A Riyad et à Libreville, les familles politique et biologique du président gabonais s’organisent en «comité de veille» face à la prolifération des supputations. Si Sylvia Bongo, les enfants et le cercle familial restreint sont aux nouvelles entre les capitales saoudienne et gabonaise, un autre cercle gère les affaires courantes en attendant le retour attendu d’Ali Bongo Ondimba.

Le demi-frère du président, Frédéric Bongo Ondimba, colonel en charge des services de renseignements, assisté de plusieurs haut gradés ; Grégoire Kouna, chef de la Garde républicaine ; Brice Laccruche Alihanga, directeur de cabinet du président ; ou encore Emmanuel Issoze Ngondet, le Premier ministre, sont aussi à la manœuvre. Mais tout comme les rumeurs et spéculations qui entourent ce genre de période d’incertitudes, des oppositions -encore sourdes- ont déjà commencé à germer entre les personnages clés autour du président.

Source : La Tribune Afrique

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