RDC : Martin Fayulu, ultime carte de l’opposition contre le système Kabila

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Avec la fumée blanche du conclave de Genève, son nom est sorti, un peu à l’étonnement de ceux qui suivaient la rencontre des sept leaders de l’opposition. Ce ne sera ni Félix Tshisekedi de l’UDPS, ni Vital Kamerhe de l’UNC, au coude-à-coude dans les spéculations de leurs partisans. Encore moins le technocrate Freddy Matungulu ou les ténors Jean-Pierre Bemba ou Moïse Katumbi dont les candidatures ont été invalidées par la Ceni. En face d’Emmanuel Ramazani Shadary, le dauphin désigné par Joseph Kabila, l’opposition mettra en lice un candidat unique à la présidentielle du 23 décembre : Martin Fayulu.

« Lamuka« , « Réveille-toi » (en Lingala, la langue la plus parlée en RDC)! Comme une injonction à secouer le cocotier politique, les sept leaders de l’opposition sont allé au-delà des rivalités personnelles.

« Réveille-toi« !

« À l’issue de leurs travaux, les leaders de l’opposition ont matérialisé l’unité de l’opposition par la signature de l’accord politique des forces de l’opposition et par la création d’une coalition dénommée Lamuka« , annonce le communiqué commun de cette rencontre de Genève.

Ce dimanche 11 novembre 2018, au terme d’un long conclave, les représentants de l’opposition, réunis depuis 48 heures à Genève, ont décidé de porter un seul candidat pour la présidentielle du 23 décembre 2018 face au Front commun pour le Congo (FCC), la machine électorale de la mouvance présidentielle dont Joseph Kabila est l’autorité morale.

Là où les spéculateurs tablaient sur un duel serré décisif entre Félix Tshisekedi de l’UDPS et Vital Kamerhe de l’UNC, les participants du conclave à huis-clos ont désigné Martin Fayulu comme candidat unique de l’opposition. Une fumée blanche de ce conclave de 48 heures, placé sous l’égide de la Fondation Koffi Annan comme conciliateur.

Fayulu, unique candidat de l’opposition

A 61 ans, cet économiste de formation, diplômé de France et des Etats-Unis, devenu homme d’affaires dans l’hôtellerie ou encore l’agriculture, plusieurs fois député et opposant convaincu portera donc les couleurs de l’opposition. Une feuille de route tracée par consensus lors de la réunion l’enjoint, s’il est élu, de n’exercer qu’un mandat de transition d’une durée de deux ans avant de remettre son fauteuil en jeu. Sans se présenter !

Une question -encore sans réponse- arpente les rues de Kinshasa et de tout le pays: par quel miracle l’opposition congolaise a t-elle trouvé la voie de l’unité face à un régime qui a toujours profité de ses divisions ? En choisissant de faire bloc, l’opposition congolaise a sans doute pensé à la coalition d’opposition qui a porté Abdoulaye Wade au pouvoir au Sénégal en 2000. Ou encore plus récemment, lorsque l’opposition gambienne a organisé ce surprenant congrès qui a désigné Adama Barrow, candidat unique face à Yahya Jammeh.

L’influence de l’histoire politique d’autres pays n’explique pas tout. Il faut dire qu’aucun opposant politique congolais n’aurait voulu porter la responsabilité de l’échec d’une candidature unique. Dans l’esprit de leurs partisans agacés par leurs querelles égoïstes de leadership, cela aurait pu amorcer un divorce avec l’opinion. Pour l’heure, la désignation d’un candidat unique est sans doute la meilleure stratégie d’une opposition en quête d’un leader pour porter l’alternance. Il faut espérer que l’unité validée par consensus ne soit pas seulement de façade.

Source : La Tribune Afrique

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