RDC : Gecamines dénonce Katanga Mining sur la suspension des ventes du cobalt de Kamoto

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La suspension des exportations du cobalt de la mine de Kamoto en RDC la semaine dernière est tombée tel un couperet fustigeant le cours boursier de Katanga Mining, sans laisser indifférent celui de sa maison-mère, Glencore. Mais aujourd’hui, Gecamines, coactionnaire de la société exploitante, réagit, dénonçant une décision «unilatérale». La compagnie nationale congolaise ferait tout en ce moment pour l’organisation de pourparlers et l’adoption d’une position commune.

«Gécamines n’a pas été associée aux dernières communications de Katanga Mining Limited au marché, notamment la décision d’arrêt des exportations et de la vente de cobalt, ainsi que la réalisation d’investissements additionnels», déclare Gécamines dans un communiqué parvenu à notre rédaction ce mardi 13 novembre, dénonçant des «déclarations unilatérales». La Générale des carrières et des mines de la République démocratique du Congo réagit ainsi à la décision de Katanga Mining qui a agité les marchés la semaine dernière.

Le 6 novembre dernier en effet, Katanga Mining, filiale du trader anglo-suisse Glencore, annonçait la suspension des ventes du cobalt extrait de la mine Kamoto Copper Company (KCC) -détenue à 75% par Katanga Mining et à 25% par Gécamines- après avoir détecté dans l’hydroxyde de cobalt, produit dans ce projet, des niveaux d’uranium supérieurs à la limite acceptable autorisée pour l’exportation du produit à travers les principaux ports africains.

La nouvelle avait tout de suite créé la panique sur les marchés, d’autant plus que la chaîne d’approvisionnement mondiale en cobalt dépend encore majoritairement des mines de la RDC. Cotée à la Bourse de Toronto, Katanga Mining a immédiatement vu son action chuter de 33%, tandis que sa maison-mère, Glencore, essuyait une chute de près de 3% du cours de son action à la London Stock Exchange.

Gécamines admet avoir été «avertie par ses représentants au sein de KCC de la découverte dans certains de ses camions, d’un niveau élevé d’uranium dans l’hydroxyde de cobalt produit par KCC», sans toutefois être impliquée dans la décision de Katanga Mining. La firme publique congolaise certifie également que même les organes sociaux de KCC n’ont pas été saisis à ce propos.

Pour une décision concertée

Pour l’instant, Gécamines qui milite pour une position commune des actionnaires sur cette question de teneur en uranium du produit de la mine de cobalt, entend poser le sujet sur la table des discussions avec son partenaire.

«Gécamines a sollicité la tenue d’une réunion d’urgence entre les équipes techniques des différentes parties prenantes, afin d’arrêter une position commune sur les problématiques posées, conformément à nos accords et aux lois applicables, et avant toute prise de décision contraignante qui pourrait l’engager en tant que coactionnaire», indique la firme publique dans son communiqué.

Après deux mois de contentieux autour de la viabilité financière du projet de KCC, c’est seulement en juin dernier que Gécamines et Katanga Mining ont pu trouver un accord transactionnel. Et les ventes cette année auguraient de belles perspectives pour les différentes parties prenantes, puisque sur l’objectif de production de 11 000 tonnes en 2018, KCC avait déjà atteint 6 450 tonnes d’hydroxyde de cobalt sur les neuf premiers mois. Prévoyant de tripler la production l’année prochaine, le projet table sur la construction d’une usine d’échange d’ions à 25 millions de dollars d’ici fin 2019.

Mais ce problème de teneur en uranium dans l’hydroxyde de cobalt produit dans la mine de Kamoto met à mal son plan de développement. Pour l’heure, KCC poursuit la production et disposait déjà le 6 novembre dernier d’un stock de 1 472 tonnes. Reste désormais que Gécamines et Katanga Mining réussissent à s’accorder et à trouver rapidement une issue à la situation actuelle. En attendant, les marchés restent attentifs.

Source : La Tribune Afrique

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