Présidentielle à Madagascar  : le premier tour s’achève dans la confusion

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Hier, près de 10 millions d’électeurs ont été appelés aux urnes pour désigner leur prochain président parmi les 36 candidats en lice.

«Je m’en remets aux mains de Dieu, mais pas à celles d’un candidat», déclare Maman’i Piso, résignée, à l’image d’un certain nombre d’électeurs qui affichent un intérêt limité pour la présidentielle. Elle aurait bien voté pour Ratsiraka, mais «il n’a aucune chance, donc Ravalomanana pourra faire l’affaire», conclut-elle. Observatrice au bureau de vote EPP Avaradoha à Tananarive, elle a voté hier, non par conviction, mais par opportunité. «Tout ça a été très soudain. »

Cette année, la marchande de fruits n’a pas eu les moyens d’envoyer son aînée de onze ans à l’école, car le prix de l’inscription s’élevait à près de 87 euros. Chargés de remonter les anomalies répertoriées le jour du vote, leur mission s’est parfois avérée chaotique pour nombre d’entre eux, qui ne maîtrisaient ni l’environnement, ni la langue de Molière. «Je me suis assurée que chaque bureau de vote de notre district soit doté de représentants des trois principaux partis. Par exemple, si le HVM tente de voler des voies au parti TIM de Marc Ravalomanana, un représentant de ce parti sera à ses côtés. »

Une cinquantaine de personnes a été sollicitée pour répondre aux appels des électeurs qui remarquaient des anomalies, grâce au numéro vert 1313 . « Par manque d’éducation, ils n’osent pas protester et partent sans se défendre, ni voter», déplorait-il. De son côté, «plusieurs incidents m’ont été reportés», expliquait au petit matin Mikael Cheuwa d’AFRIC, une jeune association mozambicaine, en pleine mission d’observation. «Des regroupements suspects ont été remarqués et plusieurs bureaux ont ouvert avec beaucoup de retard. »

Une soirée qui sème le doute Aux alentours de 20h, les favoris du scrutin ont rapporté leurs premières évaluations issues de leurs observateurs respectifs. Le candidat a remercié ses soutiens et sa femme dans une ambiance exaltée. Son équipe pense être largement en tête et compte toujours sur une victoire dès le premier tour. Prudent, sans se déclarer vainqueur, Andry Rajoelina se présente désormais comme le candidat de «tous» les Malgaches, dans l’optique d’une victoire prochaine.

Son directeur de campagne, Tsehenoarisoa Rabenja, a quant à lui souligné «les erreurs flagrantes sur les listes électorales». A minuit, dans un QG déserté par les militants, l’équipe de communication du président «Hery» semble accuser le coup de cette soirée électorale improbable et met également en garde l’opinion sur les risques de manipulation. Le président «Hery» serait néanmoins devancé par Rajoelina et Ravalomanana. Gardant secrets les quelques résultats remontés par leurs observateurs, Andrianabinina Djohary déclare qu’«il est très prématuré de tirer des conclusions».

Selon lui, certaines anomalies ont également été constatées. «A 6h du matin, à Mahajanga 2, l’urne était déjà remplie et des bulletins étaient cochés Si ce cas se multiplie, cela remettrait vraiment en cause la crédibilité de l’élection». Il faudra attendre plusieurs jours avant de connaître les résultats officiels de la CENI. En effet, faute d’informatisation du système électoral, les bulletins des centres les plus enclavés devront être acheminés des bureaux de vote jusqu’au SRMV où les résultats seront saisis puis transférés à la CENI.

Quant aux urnes provenant des lieux les plus enclavés, elles seront acheminées par les airs, au risque de dépasser le délai imparti, en cas de météo défavorable qui bloquerait les hélicoptères au sol.

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