Présidentielle à Madagascar : dans l’attente des résultats du premier tour, déjà les premières contestations

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Un processus fastidieux de dépouillement des bulletins de votes ou dans l’attente pour respecter la date du 20 décembre, moment officiel d’annonce des résultats ? En tout cas depuis la fermeture des bureaux de votes ce 7 novembre 2018, les résultats du premier tour de la présidentielle ne sont que provisoires et lentement publiés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Des résultats qui souffrent déjà de contestation par le Mapar d’Andry Rajoelina, le TIM de Marc Ravalomana et le HVM d’Hery Rajaonari qui ont tous la CENI en ligne de mire.

Les favoris, vent debout contre une Commission électorale nationale indépendante (CENI) accusée de confiscation et de tentative de manipulation des résultats de la présidentielle du 7 novembre dernier. Au profit de qui ? La question se pose puisque les trois ex-présidents, arrivés en tête selon des résultats provisoires à ce jour, ont tous dénoncé les résultats.

Les candidats en tête dénoncent les résultats!

A la date du 14 novembre 2018 à 12h36 (heure locale), les 69% des bulletins dépouillés par la CENI placent Andry Rajoelina en tête du premier tour avec 39,49% des voix, selon les résultats disponibles sur le site de la CENI. L’ancien président de la transition est suivi par Marc Ravalomanana, son prédécesseur avec 36,64%. Le président sortant Hery Rajaonarimapianina arrive troisième avec 7,52% des voix.

Insatisfaction sur les scores ou manœuvre politique, tous les trois ont dénoncé les chiffres publiés. Ce mardi 13 novembre au soir, l’équipe d’Andry Rajoelina a décidé de retirer ses représentants à la commission de centralisation des résultats au sein de la Ceni en signe de protestation contre « les conditions d’observation du comptage des voix qui ne sont pas réunies», comme l’indique son communiqué adressé aux médias. Ce rejet des résultats intervient au moment même ou son camp est accusé par un rapport de la mission d’observation de l’Union européenne, d’avoir eu recours à des achats de voix via un système de distribution d’argent à ses militants.

En difficulté dans les résultats qui arrivent au compte-gouttes, le président sortant est le premier à dénoncer les résultats. Dès le 11 novembre, au sein du HVM, le parti du président sortant Héry Rajaonarimampianina a annoncé son intention d’enclencher un recours judiciaire contre des résultats qu’il juge « non conformes à la loi» du pays. Marc Ravalomanana lui a emboîté le pas et dénonce à son tour les résultats pour lesquels il a mis en cause la CENI pour ne pas avoir rendu les résultats des circonscriptions de la capitale, pourtant déjà compilés.

Vers un solde de tout compte politique?

Les protestations des responsables de la CENI n’y changent rien. Avant même l’épuisement des délais légaux, les trois candidats arrivés en tête du premier tour peuvent ne pas être d’accord sur tout sauf sur les résultats. Dangereusement, l’ambiance politique, avant la publication définitive des résultats du premier tour (le 28 novembre 2018), réunit tous les ingrédients d’un contentieux électoral.

Bis repetita, répondent les observateurs de la politique malgache. Depuis la présidentielle de 2001, les mêmes acteurs jouent presque le même film: une contestation des résultats du premier tour suivi d’un tour de force du candidat qui s’estime vainqueur via des manifestations de rue. Cette stratégie avait été utilisée par Marc Ravalomanana en 2001, ce qui a déclenché une crise politique ayant nécessité la médiation de l’Union africaine (UA). Lui-même avait été victime de la même technique lorsqu’Andry Rajoelina l’a poussé hors du palais présidentiel après la crise politique de 2009.

Aujourd’hui, si la tendance dans l’annonce des résultats se poursuit, les deux ex-présidents devraient se retrouver, à la mi-décembre, pour un second tour au parfum de revanche, de solde de tout compte politique. Au sein de la communauté africaine comme internationale, l’on estime que les contestations des résultats soulevées contre la CENI ne seront pas le prétexte d’une répétition d’une nouvelle crise politique.

Source : La Tribune Afrique

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