Crypto-monnaie : au Niger, des centaines de clients arnaqués à la « Madoff »

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Des centaines de nigériens ont été arnaqués par une société qui se disait spécialisée dans du trading de crypto-monnaie. Profitant de l’ignorance des souscripteurs à qui il miroitait un gain de 30% par semaine, le gérant de la société pourtant légalement immatriculée dans le pays, a plié bagages, laissant plusieurs victimes sur le carreau. Un fait divers certes classiques ces derniers temps, mais qui met en exergue l’urgence pour les pays africains de disposer de législations adaptées à l’évolution de l’économie numérique.

C’est le scandale qui agite Niamey, la capitale nigérienne. Une arnaque à la « Bernard Madoff », dont viennent d’être victimes plusieurs clients nigériens qui ont souscrit à l’offre d’investissement de la société « Meilleure vie en solution ». La société, créé en mai dernier et immatriculée selon les procédures légales, proposait à ses clients, « un investissement dans le bitcoin et autres devises-crypto, pour gagner 30% de la mise chaque semaine ».

Les premiers souscripteurs avaient effectivement misé et gagné, et la publicité aidant, de centaines d’autres clients se sont rués sur « l’affaire ». Les dépôts vont de quelques milliers de franc à des dizaines de millions de Fcfa, et de grands commerçants ont même cédé à la tentation du gain facile, en souscrivant à plusieurs offres pour maximiser les bénéfices. En début de la semaine en cours, les clients qui sont venus récupérer leurs mises, ont trouvé les locaux de la société vidés ! Le gérant de la société, un certain Richard James Bola, reste jusque-là introuvable, laissant dans le désarroi des centaines de victimes qui ont ainsi perdus des centaines de millions de Fcfa. Des dizaines de plaintes ont été par la suite déposées par les victimes au niveau de la Police judiciaire de Niamey, dont les services ont été un temps débordé par l’afflux des plaignants.

Lire aussi : Crypto-monnaies : cartographie de la régulation en Afrique

Absence de cadre légal

Ce nouveau scandale n’est pas le premier du genre dans la sous-région où l’absence de tout cadre légal pour la crypto-monnaie ainsi que le trading en ligne, offre de nouvelles opportunités à des « Bernard Madoff » des temps actuels, spécialisés dans ce genre d’escroquerie pyramidale par le fameux  « système Ponzi », qui prennent désormais d’assaut le cyber-espace africain.

Des faits divers du même genre font régulièrement la une des médias, ce qui actualise le débat sur la nécessité pour les pays africains de se mettre à l’heure moderne en adaptant leurs législations à l’évolution des nouvelles technologies. Il est vrai que la tâche n’est pas facile mais en cette ère numérique où la technologie évolue à très grande vitesse, c’est un véritable défi pour les gouvernements et les organes de régulation. Certains pays, à défaut d’être préparés à temps, ont par exemple tout simplement interdit les « crypto-monnaies », en attendant un cadre légal adapté, afin justement d’éviter ce genre de mésaventure.

Source : La Tribune Afrique

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