Emploi durable  : malgré les évolutions en matière de gouvernance, l’Afrique encore loin du compte

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D’après une étude de la Fondation Mo Ibrahim, alors qu’ils ont une main-d’œuvre nombreuse et jeune qui pourrait conduire au développement économique, les pays africains n’y arrivent pas. Ceci, explique l’étude, parce que les jeunes n’ont pas des opportunités économiques durables, malgré l’évolution du PIB constatée ces dernières années.

Pour la Fondation Mo Ibrahim, les pays africains sont sur le point de gâcher leurs atouts en termes de développement, notamment par le manque d’opportunités économiques durables pour la jeunesse. Dans une étude, l’Institution de promotion du développement a établi que les pays africains ont un énorme défi à relever, d’autant plus que, indique-t-elle, ils disposent d’une main-d’œuvre potentielle nombreuse et jeune qui pourrait travailler pour développer les économies et transformer le continent, mais que cette opportunité n’est pas saisie.

La fondation estime que les jeunes citoyens africains ont besoin « d’espoir, de perspectives et d’opportunités ». Selon l’indice Mo-Ibrahim, sur les 54 pays du continent, 39 ne peuvent pas offrir des opportunités économiques à leurs jeunesses. Celles-ci sont pour ainsi dire, sans possibilité réelle de travailler, de monter des affaires ou de demander un prêt bancaire.

Dans les faits, la Fondation Mo Ibrahim indique qu’en moyenne, l’indicateur de la création d’emplois dans ces pays, a perdu 3,1 points et que celui de l’insertion socio-économique des jeunes a perdu 2,3 points. Pire, en matière d’éducation, le niveau a gravement chuté sur le Continent. L’étude parle d’un « déclin préoccupant » sur ces dernières années.

Une bombe à retardement

Le manque d’opportunité pour la jeunesse en Afrique est très préoccupant surtout quand on voit l’allure avec laquelle la population jeune sur le continent ne cesse de croître. Dans 10 ans, estiment les spécialistes, la population en âge de travailler augmenterait de 30% et deviendra un problème majeur pour les Etats. Ces derniers seraient alors exposés à un risque permanent de tension sociale, d’insécurité et de crises socio-politiques diverses.

Pourtant, s’ils n’arrivent pas à créer des opportunités à leurs jeunesses, les pays africains ont évolué sur le plan de la gouvernance. Selon des données provenant de 35 sources externes et indépendantes traitées par l’étude, ces dix dernières années, le PIB en Afrique a explosé de 40%, signifiant que les Etats africains se sont enrichis. Maurice a été classée parmi les pays d’Afrique les mieux gouvernés, suivie des Seychelles, du Cap-Vert et du Botswana, tandis que la Somalie et le Soudan du Sud ont obtenu les notes les plus basses. En termes de progression, la Côte d’Ivoire passe de la 41ème place à la 22ème. Au même moment, le Royaume du Maroc a réalisé un grand bond de 10 places. En termes clairs, trois Africains sur quatre ont connu une amélioration de la gouvernance ces dix dernières années, mais le « développement économique durable » reste loin d’atteinte. Ce qui se voit avec le casse-tête de l’emploi des jeunes.

Source : La Tribune Afrique

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