Centrafrique : récurrence des tensions sociales après la destitution du président de l’Assemblée nationale (SYNTHESE)

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Le président de l’Assemblée nationale de la République centrafricaine (RCA), Abdou Karim Meckassoua, a été destitué vendredi soir à  l’issue d’une session plénière du Parlement, provoquant une récurrence des tensions sociales dans la capitale.

Lors de la plénière spéciale de ce vendredi, 98 des 140 députés ont voté pour au bulletin secret, a constaté Xinhua sur place.

Pour rappel, le 17 octobre, la motion de destitution de M. Meckassoua a été déposée avec la signature de 95 des 140 députés, soit un taux bien supérieur à  un tiers des députés pour ouvrir la procédure de destitution de leur président « pour manquement aux devoirs de sa charge », ainsi stipule l’article 12 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale centrafricaine.

Les députés désireux de voir tomber M. Meckassoua lui reprochent des dysfonctionnements de l’administration parlementaire, caractérisés par le pléthore du personnel du cabinet du parlement et des avantages financiers inexpliqués.

Ils lui ont fait remarquer les marchés de gré à  gré avec une entreprise dirigée par son propre cadet, des sortis de fonds injustifiées, et la modification du budget de l’Assemblée nationale déjà  adoptée en plénière.

Certains députés ont allégué que M. Meckassoua n’est jamais passé de bureau en bureau pour connaître ceux qui travaillent dans la législature centrafricaine.

La motion étant adoptée, les tensions remontent vendredi soir dans la capitale Bangui. Des tirs intenses ont été entendus, selon des habitants locaux, sans que l’on dispose de détails dans l’immédiat.

Aussi, quelques heures plus tôt, des députés de la préfecture de la Ouaka ont été menacés par le chef rebelle de l’Union pour la Paix en Centrafrique (UPC), Ali Darassa, qui leur intimé l’ordre de ne plus mettre les pieds dans la ville centrafricaine de Bambari (centre) qu’il contrôle.

L’UPC fait partie de l’ex-séléka, coalition des groupes rebelles majoritairement musulmans qui ont renversé l’ancient président centrafricain Bozizé début 2013. Depuis, la tendance est à  l’équilibre entre chrétiens et musulmans, selon des observateurs locaux.

Du fait que le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra est d’origine chrétienne, le choix de M. Meckassoua, d’origine musulmane, à  la tête de l’Assemblée nationale, a contribué à  apaiser des tensions, selon l’opinion publique.

Dans un communique daté de mercredi dernier, le G5, groupe partenaire de la Centrafricaine composé de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), de la France et des Etats-Unis, a qualifié de « tractations » la motion de destitution de M. Meckassoua et a mis en garde contre les « risques d’instrumentalisation pour la stabilité du pays et de ses institutions ».

Source : ABangui

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