CEMAC: un sommet pour donner un nouvel élan à  la sous-région

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La situation économique de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) reste critique. Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres sont réunis ce jeudi à  N’Djaména, capitale tchadienne, pour donner un nouvel élan aux réformes décidées il y a deux ans.

En réponse à  la crise sévère induite par la chute des cours du pétrole en 2014, les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEMAC ont décidé, en décembre 2016 à  Yaoundé au Cameroun, en présence de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) et du ministre français des Finances, de vingt-une mesures destinées à  rétablir la stabilisation du cadre macroéconomique et à  jeter les bases de la relance d’une croissance inclusive et durable.

Cet engagement a porté sur l’ouverture et la conclusion à  brève échéance des négociations de programmes économiques et financières avec le FMI. Quatre pays ont signé un programme avec le FMI, le Congo et la Guinée équatoriale n’y sont pas toujours parvenus.

Selon les prévisions actuelles, la sous-région devrait renouer en 2018 avec un sentier de reprise économique grâce à  un taux de croissance réelle de + 1,7 % contrairement à  la stagnation de 2017 et la récession de 2016.

Dans le même temps, les comptes publics et extérieurs courants ont connu une amélioration sensible par rapport aux niveaux enregistrés au début de la crise économique. Ces évolutions ont des effets bénéfiques sur les réserves de change, qui se redressent progressivement ainsi que le taux de couverture extérieure de la monnaie.

« Cependant, beaucoup d’efforts restent à  accomplir pour restaurer les grands équilibres macroéconomiques, doper la croissance et renforcer la soutenabilité extérieure de la Sous-région. Aussi, la stratégie de sortie de crise adoptée en décembre 2016 à  Yaoundé nécessite-t-elle un souffle nouveau », a déclaré le président tchadien Idriss Déby Itno, président en exercice de la CEMAC, en ouvrant les travaux du sommet de N’Djaména.

« Au terme des deux premières années de mise en œuvre de programmes, les résultats restent globalement en deçà  des attentes. En dépit de l’amélioration des indicateurs macroéconomiques, la fragilité de nos économies reste un sujet de préoccupation majeure », a renchéri le président de la Commission de la CEMAC, Daniel Ona Ondo.

La croissance économique reste très faible et contrastée entre les pays de la zone. Les réserves de change se situent en deçà  des 3 mois d’importations requis, malgré la remontée des cours du pétrole et les appuis budgétaires reçus des bailleurs. Les performances budgétaires entre les Etats membres sont très inégales, avec les dérapages budgétaires observés dans certains pays en lien, entre autres, avec la pression exercée sur les finances publiques par les défis sécuritaires.

« Dans ce contexte, la surveillance d’un nouveau choc extérieur compromettrait nos efforts de redressement et de transformation structurelle engagés », a prévenu M. Ondo. « Cette situation suscite de fortes inquiétudes chez nos partenaires qui ont accepté de nous accompagner dans nos efforts de sortie de crise. Ils attendent de nous des réponses claires aux dysfonctionnements de nos économies. Il est important de préserver la confiance que ces derniers ont placée en nous », a-t-il ajouté.

Selon le président de la Commission de la CEMAC, il est urgent de multiplier des efforts conséquents pour restaurer la crédibilité des cadres budgétaires et des comptes extérieurs, de procéder à  des corrections nécessaires, en somme maintenir le cap des réformes économiques. Pour une amélioration des volumes des réserves de change, il a exhorté les pays au strict respect de la réglementation des réserves de change, au rapatriement des recettes d’exportations et à  la renégociation des contrats d’exploitation des grandes entreprises.

Enfin, pour les six pays membres de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République Centrafricaine et Tchad), il est plus que jamais impératif d’accélérer les réformes structurelles en cours visant la diversification de leurs économies, l’amélioration du climat des affaires et l’approfondissement de l’intégration régionale.

« L’application effective de ces différentes mesures est attendue par nos partenaires extérieurs. Elle montre notre volonté de sortir de la crise et de donner un nouvel élan à  nos engagements de 2016 », a affirmé M. Ondo. Il a insisté sur la solidarité communautaire. « Cette solidarité nous impose d’avancer ensemble, au même rythme dans la mise en œuvre des programmes d’actions décidées lors du sommet de Yaoundé. C’est dans la solidarité et l’unité que nous pouvons relever les nombreux défis auxquels fait face notre communauté », a-t-il conclu.

Source : ABangui

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