Centrafrique : les Occidentaux dénoncent à  l’ONU le rôle joué par la Russie

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A trois semaines du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies dans le pays (Minusca), de vives tensions ont opposé, le 23 octobre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité, les pays qui soutiennent la primauté de l’Initiative africaine de paix et ceux favorables à  la médiation russe.

« Il est fondamental d’éviter les initiatives parallèles sources de confusion et de veiller à  la bonne coordination de tous les partenaires de la RCA, en soutien de l’initiative africaine. C’est une condition du succès », a insisté l’ambassadeur français, François Delattre. « Il faut travailler collectivement à  une solution politique en Centrafrique et œuvrer de bonne foi », a, quant à  lui, déclaré le représentant adjoint américain.

Les débats ont achoppé sur le sujet, poussant les Européens à  réaffirmer leur position, selon laquelle, la Russie ne devrait pas étendre son influence en Centrafrique. Pour ce faire, ils ont plaidé pour le renforcement des structures de l’Etat et la primauté de l’Initiative africaine de paix. « La Russie doit pouvoir y participer pour éviter que le dialogue qu’elle a déjà  engagé avec les groupes armés ne court-circuitent les efforts déjà  entrepris », a défendu l’International Crisis Group.

En septembre dernier, lors d’une conférence de presse en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait déjà  averti que son pays ne souhaite « aucune alternative » à  l’initiative de paix menée par l’Union africaine à  Bangui. Le chef de la diplomatie française avait lancé cette mise en garde d’autant que Moscou tente depuis quelque temps d’initier un processus concurrent avec celui de l’organisation continentale.

« Il n’y a aucune alternative ni souhaitable ni susceptible de réussir (…). L’initiative de paix portée par l’Union africaine pose le seul cadre crédible et approuvé par l’ensemble de la communauté internationale à  une sortie de crise durable (…). Celle-ci passe par le désarmement des groupes armés et la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire », avait déclaré Jean-Yves Le Drian.

D’après des sources concordantes, la Russie est de plus en plus présente diplomatiquement et militairement, ainsi que « par mercenaires interposés » en Centrafrique. A ce jour, plus personne n’ignore qu’outre l’appui à  l’armée, Moscou s’est ingéré dans la complexe médiation avec les groupes armés qui contrôlent la majorité du territoire, organisant, fin aoà»t, une rencontre à  Khartoum, au Soudan, entre différents groupes en parallèle de la médiation officielle menée par l’organisation panafricaine. Pourtant, les dirigeants du pays ont déclaré soutenir la médiation de l’Union africaine qui tente, depuis juillet 2017, de faire asseoir autour de la table de négociations les groupes armés et les autorités gouvernementales.

Les mêmes sources sus-évoquées relèvent que cinq officiers militaires et cent soixante-dix instructeurs civils russes étaient arrivés à  Bangui, où ils ont aidé au redéploiement de soldats centrafricains hors de la capitale. Loin de s’arrêter là , la Russie a livré des armes à  l’armée nationale après avoir obtenu une exemption à  l’embargo des Nations unies, précise-t-on.

Notons que la situation sécuritaire reste très fragile en Centrafrique en raison des violences perpétrées par des groupes armés rivaux.

Nestor N’Gampoula

Source : ABangui

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