Africités 2018 : sans collectivités territoriales, il n’y aura pas de villes durables

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Pour la deuxième fois, l’Afrique se donne rendez-vous au Maroc pour débattre et faire émerger des solutions à une gestion efficiente de ses villes et collectivités territoriales. 5 000 participants, près de 2 500 élus africains, 150 exposants et un total de 15 000 visiteurs sont attendus au salon Africités 2018. Les organisateurs ont souligné, au cours d’une cérémonie de lancement tenue le 24 octobre à Rabat, la nécessité d’une large concertation et coordination des élus africains, afin de trouver des solutions adaptées aux défis spécifiques des villes africaines.

C’est à Marrakech au Maroc que se déroulera la 8e édition du Salon international des villes et des collectivités territoriales d’Afrique, Africités. La rencontre du 20 au 23 novembre sera placée sous le thème «La transition vers des villes et des territoires durables : le rôle des collectivités territoriales d’Afrique».

Au cours de la cérémonie de lancement, organisé hier à Rabat, les représentants de Cités et gouvernement locaux unis d’Afrique (CGLU Afrique), de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux (AMPCC) et de l’Association des régions du Maroc (ARM) ont de nouveau souligné le rôle des villes dans le développement en Afrique. Plus de 60% des Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par les Nations Unies relèvent des compétences des collectivités territoriales telles que reconnues par les lois de la décentralisation. Les conférenciers ont relevé que la mondialisation et l’urbanisation rapide sont les deux tendances lourdes qui marquent cette évolution. Elles ont un impact important sur le développement des sociétés africaines et posent le débat sur l’efficacité des modèles de croissance et de développement suivis actuellement dans le contexte africain.

Changement de paradigme

Il s’agit surtout de procéder à un changement de paradigme dans la manière de penser, de percevoir le développement durable en Afrique.

«Il a fallu 100 ans à la ville de Paris pour passer de cinq cent mille à un million d’habitants, alors qu’il a fallu juste 25 ans à une ville nigériane comme Lagos pour atteindre les mêmes proportions», a déclaré Jean Pierre Elong Mbassi, secrétaire général CGLU Afrique, soulignant le côté atypique et unique du phénomène urbain en Afrique.

A toute situation spécifique, il est recommandé des solutions spécialement adaptées. «Lagos accueille cinq cent mille habitants additionnels chaque année. On n’a pas encore inventé des outils de planification pour gérer des phénomènes de cette ampleur», a révélé Elong Mbassi. C’est dans ce sens que les élus africains sont appelés aujourd’hui à se concerter, à échanger sur leurs expériences pour élaborer des modèles de villes adaptés aux besoins locaux.

En retenant pour le Sommet Africités 2018, le thème de la transition vers des villes et des territoires durables, les collectivités territoriales d’Afrique s’inscrivent dans une proposition de rupture justifiant l’urgence d’un changement profond des modèles de croissance et de développement d’une ville.

Les intervenants à la conférence de lancement de Africités 2018 ont de ce fait insisté sur la nécessité d’opérer un changement de paradigme pour le développement du Continent, afin de parvenir à une transformation structurelle conforme à l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Le Sommet débattra des différentes dimensions de la transition sans négliger les interactions qu’elles peuvent entretenir entre elles : démographique, écologique, démocratique et politique, économique et sociale, géopolitique, et culturelle et communicationnelle. Il est de plus reconnu que la lutte contre les changements climatiques et contre la pauvreté sera gagnée ou perdue dans les villes et les territoires, a rappelé le président de l’AMPCC, Mohamed Boudra, au cours de la conférence de presse pour le lancement des préparatifs du sommet.

Un large panel d’intervenants

Côté chiffres du sommet, les organisateurs attendent quelque 5 000 participants, 3 000 élus locaux africains, 150 exposants et 15 000 visiteurs. Au menu également, 11 sessions politiques, 5 sessions de transition, 14 sessions stratégies locales et 17 sessions d’acteurs ainsi que 96 sessions de débats. La rencontre est articulée autour de trois segments : les sessions thématiques permettant d’approfondir le thème de la transition vers des villes et des territoires durables, ainsi que l’élaboration des politiques et stratégies des collectivités territoriales africaines.

Source : La Tribune Afrique

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