Tanzanie : la série des arrestations pour corruption continue chez Acacia Mining

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En prise avec le gouvernement tanzanien qui l’accuse d’avoir rapatrié illégalement des fonds, la première compagnie minière du pays a annoncé pour la deuxième fois de ce mois d’octobre une arrestation au sein de ses effectifs. L’unité anti-corruption tanzanienne dont le but est d’assainir le secteur minier a en effet arrêté, ce mercredi 17 octobre, un autre cadre d’Acacia Mining.

C’est la deuxième arrestation dans les rangs de la première compagnie minière de la Tanzanie dans le cadre d’une vaste campagne anticorruption menée par le pays. Acacia Mining a annoncé ce mercredi l’arrestation d’un autre de ses cadres par un organisme anti-corruption tanzanien. Une arrestation qui intervient une semaine après celle d’un autre cadre, libéré sous caution après avoir été inculpé de corruption. Une vague d’arrestations, qui selon les officiels et les médias nationaux, s’inscrit dans le cadre d’une enquête en cours sur l’exploitation des ressources naturelles du pays et d’une volonté étatique d’assainir le secteur minier où la corruption est endémique. Mais d’aucuns y verraient la volonté des autorités de Dar Es Salam de tordre le bras à la compagnie minière Acacia Mining.

Entre volonté de transparence et règlement de comptes

Acacia, le plus important minier dans le secteur aurifère en Tanzanie, est aux prises avec les autorités tanzaniennes pour avec un différend qui date. La société est soupçonnée d’évasion fiscale. Des faits qu’elle a catégoriquement niés. A l’issu de ce différend, la société a été condamnée à une amende fiscale de 190 milliards de dollars et a été interdite d’exporter des minéraux bruts à l’échelle industrielle. Des négociations entre le gouvernement et la société mère d’Acacia, Barrick Gold, pour solder ce vieux litige sont toujours en cours.

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 Le communiqué de la compagnie minière ne fournit pas davantage de détails sur les causes des accusations. Mais il y a une semaine, l’entreprise avait fourni quelques pistes lorsqu’elle a déclaré qu’un de ses cadres d’origine sud-africaine arrêté en Tanzanie avait plaidé non coupable et avait été libéré sous caution. Le salarié avait accusé d’avoir signé des chèques au nom de la mine de North Mara, dont un chèque à un responsable gouvernemental faisant partie d’un groupe de travail mixte. Un écueil de plus pour le groupe minier en pleine tourmente.

Au premier trimestre 2018, Acacia Mining a dégagé un chiffre d’affaires de 157 milliards de dollars, soit une baisse de 33% par rapport à la même période l’an dernier, annonçait la firme en avril dernier. Pire, le bénéfice ajusté avant intérêts, impôts et amortissement avait chuté de 46,34% à 44 millions de dollars, contre 82 milliards à la même période de l’an dernier. Une année 2017 où la compagnie a aussi connu une chute de 50% de sa valeur boursière.

 

Source : La Tribune Afrique

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