Ahmed Shide, le nouveau joker d’Addis Abeba pour booster les IDE en Ethiopie

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Le chef du gouvernement éthiopien a procédé ce mardi à un remaniement ministériel, coupant en trois l’équipe gouvernementale. Une des nominations phares est celle du ministre des Finances en la personne d’Ahmed Shide, ex-ministre des Transports qui a désormais la principale mission d’attirer les IDE dans le pays.

L’Ethiopie veut attirer davantage d’investissements directs étrangers (IDE). Dans le cadre du remaniement ministériel opéré hier mardi 16 octobre, le chef du gouvernement Abiy Ahmed, confie très particulièrement cette mission à son nouveau ministre des Finances, Ahmed Shide.

Formé aux écoles hollandaise et britannique, Ahmed Shide est un fin connaisseur de la philosophie de développement de l’Etat éthiopien, dans les rangs duquel il évolue depuis une dizaine d’années. D’abord en tant que ministre d’Etat chargé des Finances et du développement économique en 2009 et 2016, puis ministre des Transports. Lorsque Abiy Ahmed devient Premier ministre en avril 2018, il le nomme porte-parole du gouvernement.

Conforter la position de «champion»

En faisant de l’attraction des IDE une des principales missions du nouveau ministre des Finances, le chef du gouvernement accélère l’agenda de développement de l’Ethiopie. Deuxième pays le plus peuplé d’Afrique avec 100 millions d’habitants, l’Ethiopie reste une économie des plus dynamiques avec une croissance du PIB d’une moyenne de 10% enregistrée depuis dix, et de 8,3% en 2017, soit la plus élevée au monde selon un rapport de la Banque mondiale.

Selon la CNUCED, le pays «a absorbé près de la moitié» des 7,6 milliards d’IDE reçus par l’Afrique de l’Est en 2017, soit 3,6 milliards de dollars. Une baisse de 10% que le Premier ministre veut pouvoir rattraper et surpasser très vite.

D’ailleurs, depuis sa prise de fonction, Abiy Ahmed n’a cessé de démontrer son désir de voir plus d’investissements étrangers dans son pays. Il travaille depuis plusieurs mois à la privatisation partielle de certaines entreprises publiques, dont la compagnie aérienne nationale Ethiopian Airlines et la compagnie de télécommunications Ethio Telecom, pour laquelle le gouvernement est déjà en pourparlers avec certaines firmes internationales dont le français Orange qui confirmait encore son intérêt pour celle-ci, à l’occasion d »un entretien accordé à La Tribune Afrique en septembre dernier.

Les exportations, l’autre volet stratégique

Outre les IDE, l’autre volet crucial de la mission du nouveau ministre des Finances est celui des exportations. Parmi les économies d’exportation dans le monde, l’Ethiopie occupe la 117e place avec un montant total de 3,13 milliards en 2016, selon l’Observatoire de la complexité économique (OCE). Dans ce pays d’Afrique de l’Est, d’après la même source, 60% des exportations concernent les produits agricoles, principalement le café, les oléagineuses, l’or, les légumineuses séchées, les fleurs coupées, acheminées principalement vers la Chine, la Suisse, les Pays-Bas, l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis.

Pour rappel, l’Ethiopie ambitionne de devenir un pays à revenu intermédiaire d’ici 2025. Un objectif que son plan de croissance et de transformation (Growth and Transformation Plan) étalé sur la période 2015-2020 devrait l’aider à le réussir. Un plan dans lequel d’ailleurs les exportations occupent une place de choix. Le nouveau ministre sera notamment attendu dans la modernisation de l’économie de sorte à améliorer le secteur industriel, nerf d’un secteur des exportations prospère.

A l’issue du remaniement d’hier, Abiy Ahmed a apporté plusieurs innovations, dont la réduction de près d’un tiers de la taille du gouvernement, ainsi que la parité homme-femme, avec plusieurs départements stratégiques désormais dirigés par des femmes, dont le ministère de la Défense.

 

Source : La Tribune Afrique

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