Côte d’Ivoire : le parti unifié d’ADO réussit son premier test, le PDCI se positionne pour 2020

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Le verdict des élections locales et régionales du 13 octobre dernier est presque connu en Côte d’Ivoire. En attendant les résultats complets et malgré la contestation encore ambiante, le parti unifié est arrivé largement en tête du double scrutin, suivi par les indépendants et le PDCI. Si pour le RHDP, le nouveau parti du chef d’Etat, le premier test électoral a été satisfaisant, pour l’ancien allié au sein de la majorité, tous les regards sont désormais tournés vers les présidentielles de 2020 que le PDCI prépare déjà activement.

Il faudrait certainement attendre encore quelques jours et surtout la validation des résultats par le Conseil constitutionnel pour se faire véritablement une idée du score obtenu par les différents partis qui ont pris part au double scrutin, local et régional, du samedi 13 octobre dernier.

Les résultats provisoires et partiels, que la Commission électorale indépendante (CEI) continue de proclamer trois jours après le vote, donnent toutefois un aperçu des forces en présence. Ainsi, selon les résultats en date du 15 octobre et portant sur 189 communes sur les 201 municipalités que comptent le pays, le RHDP dans sa nouvelle version de «parti unifié», a déjà remporté 89 mairies, contre 57 pour les indépendants et 47 pour le PDCI, l’ancien parti unique et ex-allié de la majorité RHDP.

Le parti du chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara (ADO), a remporté plusieurs communes symboliques, notamment dans la capitale économique Abidjan, où ses candidats vont désormais trôner à la tête des municipalités de Youpougon, Koumassi, Treichville et surtout Abobo où s’était porté candidat le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, un des proches d’ADO et l’un des plus grands favoris à la succession du chef de l’Etat.

Dans le très stratégique district d’Abidjan, le RHDP a toutefois dû laisser deux communes, celle du Plateau, le quartier d’affaires, remportée par le PDCI, tout comme la municipalité de Cocody, où le communicant Fabrice Sawegnon, un autre proche du président et patron de l’agence Voodoo, s’est désisté dès les premières heures du décompte et alors que la tension prenait de l’ampleur.

S’agissant des élections régionales, c’est le même scénario ou presque : le RHDP est sorti victorieux avec 18 conseils régionaux remportés sur les 31 que comptent le pays, contre 5 pour le PDCI et 2 pour la liste PDCI-RHDP, qui fait polémique.

Lire aussi : Elections locales en Côte d’Ivoire : la guerre des doublons sur les listes entre ADO et HKB

Tension post-électorale et incertitudes politiques

Le scrutin et le processus de proclamation des résultats ont été émaillés de violences qui ont fait trois morts et une dizaine de blessés durant le weekend. Ce mardi 16 octobre, la tension est toujours palpable au niveau de plusieurs localités comme à Bassam, alors que la CEI a annulé le scrutin au niveau de la ville de Port-Bouet.

Les élections locales et régionales, qui interviennent à deux ans de la prochaine présidentielle, portent des enjeux stratégiques pour les principales formations politiques du pays. Il s’agit notamment du parti unifié RHDP et de son ex-allié, le PDCI, alors que l’aile Laurent Gbagbo du FPI a préféré boycotter le scrutin.

Si pour le RHDP au pouvoir, ce premier test a été satisfaisant, au sein du PDCI d’Henri Konan Bédié, l’on rejette les résultats en raison «de graves irrégularités relevées». L’ancien parti unique, qui a claqué la coalition au pouvoir il y a quelques mois, a d’ailleurs organisé un congrès extraordinaire ce lundi 15 octobre pour annoncer les couleurs des prochains mois. Le PDCI a dénoncé, à l’occasion, «les immixtions du pouvoir dans les affaires du parti», accusant implicitement ADO, et a annoncé qu’il désignera en 2019, à travers une convention nationale, son propre candidat à la présidentielle de 2020.

Les élections présidentielles de 2020, auxquelles le président ADO ne devrait pas en principe participer, sont d’ailleurs tout l’enjeu du double scrutin du samedi 13 octobre. Bien que les résultats restent encore contrastés au regard des accusations de fraudes lancées de chaque côté, les principaux partis qui ambitionnent de désigner un candidat pour le fauteuil présidentiel ont eu l’occasion de jauger leurs forces.

En attendant, le grand défi pour le pays, c’est de passer le cap décisif de la période post-électorale ainsi que des soubresauts politiques qui vont certainement émerger d’ici 2020. En raison des ambitions diverses qui amplifient les tensions politiques, l’incertitude pointe déjà à l’horizon pour la Côte d’Ivoire, moins d’une décennie après la grave crise post-électorale qui a mis à genoux la plus grande économie de l’UEMOA, après des années d’instabilité.

 

Source : La Tribune Afrique

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