La Sierra Leone annule un prêt de 400 millions de dollars de la Chine pour la construction d’un aéroport

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C’est par une lettre du ministre des Transports et de l’aviation que la Sierra Leone a annoncé sa renonciation à un projet de construction d’un nouvel aéroport par des entreprises chinoises et à partir d’un prêt de 400 millions de dollars supportés par la Chine. Le projet proposé par l’ancien régime, très critiqué par les nouvelles autorités de Freetown pour son lourd impact sur la dette extérieure, sera paradoxalement remplacé par un autre, au coût plus élevé de 1,3 milliard de dollars.

Finalement, le gouvernement Sierra Léonais confirme l’abandon de son projet de construction d’un nouvel aéroport par la Chine. Selon une lettre datée du 5 octobre, le ministre des Transports et de l’aviation, Kabineh Kallon, a informé le responsable du projet que le gouvernement va annuler le contrat de construction de l’aéroport à la fin de ce mois d’octobre.

Ce dernier a été l’un des nombreux projets d’infrastructure chinois qui se sont multipliés à travers l’Afrique au cours des deux dernières décennies. Le projet de 400 millions de dollars qui a fait l’objet de nombreux critiques pour son lourd impact sur l’endettement du pays devait être financé par la Chine et réalisé par des entreprises chinoises.

«Après un examen sérieux et une diligence raisonnable, le gouvernement estime qu’il n’est pas rentable de procéder à la construction d’un nouvel aéroport alors que celui qui existe est extrêmement sous-utilisé», a déclaré Kallon dans le document cité par Reuters.

Le nouvel aéroport du village de Mamamah, à l’extérieur de la capitale Freetown, était un projet phare de l’ancien président Ernest Bai Koroma, décrié par son successeur, le président Julius Maada Bio, qui avait promis d’y renoncer une fois au pouvoir.

C’est désormais chose faite. Mais le nouveau président Julius Maada Bio qui était très critique des projets d’infrastructure chinois de son pays veut en faire de nouveaux avec le pays asiatique. En effet, lors de sa visite en Chine il y a un mois, Bio avait proposé un nouveau plan à la société chinoise Power China International, financée par l’Etat. Il s’agit cette fois de la construction d’un pont reliant la capitale Freetown à l’aéroport de Lungi. En craignant une dette de 400 millions, le président Bio veut en contracter une de 1,3 milliard de dollars. Un paradoxe justifié par le fait que le pont est un dispositif central dans les efforts du gouvernement pour améliorer les services à Lungi.

Les pays africains ont une dette cumulée auprès de la Chine estimée à 130 milliards de dollars, selon l’Initiative de recherche Chine-Afrique Johns Hopkins. La Sierra Leone, dont le PIB avait atteint quelque 3,6 milliards de dollars en 2016, a accumulé plus de 220 millions de dollars de dettes chinoises au cours des dix dernières années.

 

Source : La Tribune Afrique

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