Serge Jovial Imbeh : « Ils ont écrit l’histoire, mais pas l’avenir de Madagascar »

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Le temps des jeunes. L’élection de leaders d’à peine quarante ans dans le monde a sans doute pesé dans la balance de son choix. A la présidentielle de novembre 2018, Serge Jovial Imbeh se voit bien porter au Palais d’Iavoloha. Pour La Tribune Afrique, candidat à la présidentielle 2018 à Madagascar, il lève le voile sur son programme et sur son projet novateur de développement de Madagascar.

La Tribune Afrique : Comment votre rêve présidentiel a-t-il germé dans votre tête ?

Serge Jovial Imbeh : Il y a une dizaine d’années, alors que j’assistais à une conférence à Londres sur le développement de l’Afrique, un passage évoquant Madagascar avait attiré mon attention. L’intervenant allait déclarer en substance que c’est «un pays riche, mais son peuple est pauvre». Je m’étais alors dit que cette équation ne pouvait être le résultat que de deux hypothèses : soit les richesses de ce pays étaient utilisées à mauvais escient, soit elles étaient détournées.

Sauf que de simples supputations ne suffisaient pas. J’avais donc décidé d’effectuer des séjours à Madagascar à raison de quatre fois par an, accompagné d’une équipe de spécialistes. Notre but était de sillonner les régions, les districts et les communes afin de regarder de près les réalités des Malgaches et de sonder leurs frustrations.

Après trois années de terrain, d’écoute et de visites de proximité, nous avions réussi à identifier l’essentiel des problèmes de la société malgache. La tâche n’était pas toujours aisée, puisqu’il fallait parfois solliciter des spécialistes locaux et même internationaux lorsque le domaine d’expertise l’exigeait, à l’exemple des problèmes relatifs à l’environnement.

Une fois les propositions de solutions établies, bien loin des approches démagogiques que l’on retrouve dans les discours électoralistes des politiciens malgaches, une autre étape dans notre démarche allait s’imposait d’elle-même : comment financer chaque projet ; pour quel coût ; et dans quels délais. A ces questions, toutes les réponses ont été rassemblées et seront présentées aux Malgaches dans ce que nous appelons notre « projet de société ».

En face, trois anciens présidents sont en lice. Comment allez-vous vous démarquer de ces derniers, en particulier, et des autres candidats ?

Ceux sont des hommes du passé qui ont fini par basculer dans l’inertie politique. Ils ont écrit l’histoire, mais pas l’avenir du pays et sont d’ailleurs responsables des misères des Malgaches. Ce que j’incarne par contre aujourd’hui, c’est le renouveau, le changement dans ce pays. Je suis différent de ces derniers par mon expérience à l’international et ma capacité à négocier avec les institutions et grands groupes internationaux. J’en suis également différent par le projet de société que je propose. Un projet qui a nécessité dix années de préparation, avec un montage financier, dont 80% ont reçu des protocoles d’accord déjà signés et dont les modalités et le programme de mise en œuvre ont été fixés.

LTA : Sur quels relais, quels soutiens financiers, politiques, à Madagascar et à l’étranger, pouvez-vous compter pour soutenir votre candidature ?

J’ai mis ma confiance dans les 65% de Malgaches qui constituent la jeunesse de ce pays et sur tous les Malgaches qui souhaitent le changement. Je compte également sur mes soutiens financiers : j’ai travaillé dans la finance et j’ai réussi dans ma vie. Je compte donc sur mes fonds propres et sur ceux de proches dont le patrimoine s’est fructifié par le biais de ma gestion de leurs fonds d’investissements. D’ailleurs, je peux vous dire que je suis le seul dans la banque où je travaillais à n’avoir jamais perdu le moindre dollar durant la crise de 2009 !

Et comme dans toute élection, je m’appuie évidemment aussi sur mes soutiens politiques à Madagascar : des maires, des députés, des sénateurs, des partis, et surtout sur les Malgaches qui veulent tourner la page des anciens dirigeants qui ont favorisé la corruption, le trafic illicite et le détournement de biens publics.

Sur le plan international, j’entretiens également aujourd’hui de bonnes relations que ce soit en Afrique, en Europe ou aux Etats-Unis. Ce qui représente immanquablement un atout pour mon pays.

Votre programme se veut assez novateur, révolutionnaire même. Quelles en seront les lignes fortes et comment allez-vous le concrétiser ?

Vous savez, je suis aujourd’hui le seul à pouvoir répondre à la question du financement de mon programme et des délais de sa mise en œuvre. Ainsi, j’ai réparti ce dernier en trois étapes. Sur le court terme : lutter contre la corruption en diminuant son taux jusqu’à 70% en l’espace de 8 à 10 mois avec un plan révolutionnaire ; mettre en place une banque alimentaire dans tous les districts, puisqu’on ne peut aspirer au développement si la population manque de quoi se nourrir ; lutter contre l’insécurité avec la mise en place d’une zone de défense ; lutter contre l’illettrisme en imposant l’école jusqu’à l’âge de14 ans, avec une éducation civique et l’amélioration des conditions de vie des instituteurs ; l’amélioration des soins de santé et de l’état des hôpitaux ; et changer la Constitution avec une autonomie des régions : autonomie administrative, financière et politique.

Sur le moyen terme, nous proposons un projet d’électrification nationale avec une autonomie régionale qui sera augmentée de 14% à 80% à la fin du quinquennat ; la création de fonds de relance économiques pour le financement des PME/PMI avec un taux de 5% ; la mise en place d’une politique économique à long terme pour les secteurs privés ; et enfin un plan pour l’emploi de jeunes.

Sur le long terme par contre, notre programme propose l’investissement dans les infrastructures lourdes et la mise en place de socles économiques durables.

Ce sont là quelques-uns des grands projets prévus dans mon programme et que les électeurs sont invités à découvrir dans leur intégralité sur les sites web que nous avons lancés à l’occasion.

Vous président, quels seront vos chantiers prioritaires pour Madagascar ?

Tout est prioritaire pour Madagascar. Tous les secteurs sont en panne et cela dure depuis vingt ans. Mais dans l’immédiat, je m’engage à lutter contre la corruption et l’insécurité ; à réaffirmer les fonctions régaliennes de l’Etat ; à mettre en place un programme de création d’emplois en concertation avec le secteur privé ; et enfin à réviser la loi fondamentale de 2010 et soumettre à référendum une nouvelle Constitution.

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Propos recueillis par Ibrahima Bayo Jr.

 

Source : La Tribune Afrique

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