Télécoms : Stéphane Richard, le PDG d’Orange, «extrêmement intéressé» par Ethio Telecom

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Dès l’annonce d’une éventuelle ouverture du capital d’Ethio Telecom à l’investissement privé, l’intérêt d’Orange bruissait déjà. Son PDG, Stéphane Richard, le confirme à La Tribune Afrique. Après s’être manifesté auprès des autorités éthiopiennes, le groupe français des télécoms reste attentif aux orientations d’Addis Abeba.

Orange veut investir en Ethiopie. Cela encore plus depuis que le gouvernement prévoit d’ouvrir le tour de table de la compagnie nationale des télécommunications à l’investissement privé.

« Chaque fois qu’on verra une opportunité, on la regardera. Je ne peux mentionner les dossiers, en revanche je peux juste parler de l’un d’eux. J’ai déjà eu l’occasion de dire que s’il y avait des possibilités de faire quelque chose en Ethiopie, nous serions extrêmement intéressés », a déclaré à La Tribune Afrique Stéphane Richard, PDG d’Orange, lors d’un point de presse vendredi 28 septembre à Marrakech où il clôturait le sommet Women in Africa (WIA).

Le patron du groupe français des télécoms fait notamment valoir la connaissance qu’a Orange de ce pays d’Afrique de l’Est où ce dernier accompagne depuis de nombreuses années la gestion d’Ethio Telecom.

« A l’écoute »

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé début juin sa volonté d’ouvrir le capital d’Ethio Telecom à l’investissement privé national et étranger. « Nous avons tout de suite fait savoir que nous sommes intéressés. Après c’est un processus qui est à la main des autorités éthiopiennes. Pour l’instant, je ne crois pas qu’ils aient enclenché les négociations », déclare Richard, soulignant qu’Orange n’est pas la seule compagnie à avoir manifesté son intérêt.

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Le gouvernement a récemment créé un conseil consultatif de la privatisation composé de personnalités de partis politiques d’opposition, d’organisations médiatiques, d’entreprises et d’universités. Cet organe est chargé de définir le cadre entourant les projets de privatisation d’entreprises publiques dont Ethio Telecom. Dans ce contexte Orange entend « rester à l’écoute » pour voir comment cela évolue, estimant tout de même encourageante

L’expérience d’Orange pourrait être d’un grand secours pour Ethio Télécom qui prévoit d’ouvrir son capital en prélude d’une internationalisation de ses services. La firme a déjà fait savoir qu’elle se prépare à la conquête des marchés de la sous-région où elle veut exporter la marque éthiopienne de télécoms. Or, déjà présent dans près d’une vingtaine de pays à travers l’Afrique, Orange dispose d’une réelle expertise qui peut être mise au service d’Ethio Telecom afin d’accélérer sa croissance internationale.

L’Afrique, zone de toutes les attentions et motivations d’Orange

Au-delà de l’Ethiopie, c’est l’Afrique en général qui est un précieux marché pour Orange. D’ailleurs le PDG ne s’en cache pas : « D’une façon générale la zone sur laquelle on est le plus motivé et plus attentif aux possibilités de croissance c’est l’Afrique. Nous avons une veille permanente sur tout ce qui se passe sur le Continent », a-t-il confié, soulignant qu’il jette notamment le regard sur les potentiels rachats d’opérateurs sur le Continent. Une attention qui se justifie, puisque la région est actuellement l’une des plus rentables du groupe avec une croissance de 5,7% en Afrique et Moyen-Orient au premier trimestre 2018, quand celle-ci n’est que de 1,7% sur le marché français.

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Ces dernières années, Orange a étoffé son portefeuille africain avec plusieurs acquisitions, notamment au Maroc où il a racheté le deuxième opérateur local Meditel en décembre 2016. Précédemment, le groupe français s’offrait Cellcom, le numéro deux au Liberia, avant de racheter les filiales d’Airtel au Burkina Faso et en Sierra Leone, sans parler de l’opération de consolidation avec Tigo en RDC. En conférence de presse, Stéphane Richard s’est également déclaré ouvert à une implantation en Algérie quand l’occasion s’y prêterait. Quoi qu’il en soit, d’ici 2020, Orange se voit leader des télécoms en Afrique. En attendant, l’opérateur français doit composer avec les boycotts réguliers auxquels il fait face dans plusieurs pays d’Afrique.

 

Source : La Tribune Afrique

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