Faux passeport : sans convaincre, Moïse Katumbi s’en sort sans poursuites

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Sans suite ! En un mois d’enquête, l’affaire de «faux en écriture publique» est rangé dans les tiroirs des Archives du Parquet de Halle-Vilvorde. Pour l’affaire de son faux passeport toujours confisqué par l’Office des Étrangers de Belgique, Moïse Katumbi ne sera pas poursuivi. Mais son explication est loin de convaincre. Détails

Le faisceau de présomptions n’était pas assez concordant pour permettre de déboucher sur des poursuites judiciaires. Le substitut du procureur au Parquet de Halle-Vilvorde a donc décidé de classer sans suite, l’enquête ouverte fin août pour «faux en écriture publique» contre Moïse Katumbi.

Biométrie vs. faux passeport

Saisi par l’Office des Étrangers de Belgique, le Parquet de Halle-Vilvorde (en région flamande) avait ouvert une information judiciaire après la découverte, le 14 juin 2018 à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, d’une anomalie sur le passeport de Moïse Katumbi alors de retour d’un voyage en Israël. Contacté par La Tribune Afrique, les services consulaires israéliens à Bruxelles ont fait savoir que «les autorités israéliennes ne communiquent pas d’informations sur les personnes qui entrent ou qui quittent le territoire israélien».

Pour Olivier Kamitatu, son porte-parole, ce classement sans suite «montre effectivement qu’il n’y a jamais eu falsification, fraude ou en quelque manière que ce soit une activité répréhensible de la part du président Moïse Katumbi», confie-t-il à nos confrères de RFI.

Et d’ajouter : « tous les passeports semi-biométriques ont été annulés. Le remplacement des passeports biométriques par des nouveaux passeports a été effectué. Moïse Katumbi a été victime de cela, bien que des visas en cours de validité étaient sur son passeport, il s’est vu confisquer ce document qui n’avait plus cours de validité».

Katumbi pas assez convaincant

Et pourtant, les explications ont du mal à convaincre. Après la confiscation du passeport incriminé, l’Office des Étrangers, affilié au ministre de l’Intérieur, avait estimé Moïse Katumbi, opposant congolais exilé à Bruxelles depuis 2016, était en «séjour illégal». Pour expliquer la confiscation, le même organisme avait indiqué que la page d’identité originale du document de voyage présenté au contrôle de la police avait été remplacée par une autre. Un délai lui avait même été accordé pour présenter son véritable passeport. C’est au terme de cette période de clémence que l’Office avait saisi la justice.

Le motif qui a conduit à la confiscation du passeport n’avait donc rien à voir avec l’introduction polémique de la biométrie dans la délivrance des passeports congolais. Aux questions complexes que posent l’affaire du faux passeport, s’ajoute la question de savoir si l’opposant congolais a présenté un faux passeport ou un passeport non-biométrique qui n’était plus en vigueur. La justice belge n’a pas poussé son enquête plus loin pour donner le fin mot de cette ténébreuse affaire. Faute de preuves ?

 

Source : La Tribune Afrique

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