Zimbabwe : contestée, l’investiture de Mnangagwa devra attendre

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Pour Emmerson Mnangagawa qui espérait démarrer très vite ses chantiers, l’attente sera longue. Pendant les 14 prochains jours, le «Crocodile» et son entourage guettera tout mouvement en provenance de la Cour constitutionnelle. Cette dernière a décidé de suspendre la cérémonie d’investiture du président réélu d’après les résultats publiés par la ZEC, la commission électorale. L’attente durera le temps que la Cour valide ou invalide ses résultats.

Ce dimanche 12 août aurait dû être un jour de fête pour la Zanu-PF et les partisans d’Emmerson Mnangagawa. En habit d’apparat, le président fraîchement «élu» à la présidentielle du 30 juillet dernier, devait faire son apparition au Stade d’Harare et jurer de respecter et défendre la Constitution.

Investiture suspendue en attendant le verdict de la Cour constitutionnelle

Mais pour l’heure, cette cérémonie n’aura pas lieu. En tout cas pas avant que la Cour constitutionnelle ne se prononce sur le recours en contestation des résultats, déposé par le MDC de Nelson Chamisa. Ce vendredi 10 août, la date butoir pour la démarche, les avocats du MDC se sont précipités au siège de la Cour constitutionnelle d’Harare pour introduire ce recours.

« L’investiture n’aura pas lieu comme prévu.Toutes les procédures sont suspendues en attendant la décision de la Cour constitutionnelle», annonce dans la foulée, Ziyambi Ziyambi, le ministre de la justice, comme conséquence du recours déposé devant la Cour Constitutionnelle. Les cartons d’invitation déjà envoyés aux diplomates en poste à Harare et aux chefs d’Etat africains et étrangers ne serviront pas pour ce dimanche 12 août. Il fallait s’y attendre.

Depuis la proclamation des résultats qui donnent Emmerson Mnangagwa vainqueur de la présidentielle du 30 juillet 2018 avec 50,8% contre 44,3% des suffrages pour Nelson Chamisa, l’opposition a rejeté catégoriquement les résultats là où les sondages plaçaient les deux hommes au coude-à-coude. L’entourage de l’opposant numéro un, qui dénonce une fraude ayant conduit à l’élection de Mnangawa, espère donc un scénario à la kényane lorsque la Cour constitutionnelle avait invalidé les résultats et avait demandé de reprendre le processus électoral à son début.

Recours contre une «fraude de mammouth»

« Notre équipe juridique a fait enregistrer avec succès nos documents légaux. Nous avons un solide dossier et notre cause est bonne. Toutes les preuves [de la fraude] dont nous avons besoin sont disponibles. Il n’y aura aucun doute pour tous les citoyens. Il y a eu une triche et une fraude de mammouth», faisait savoir un avocat du MDC.

Ce recours renverse totalement la donne. Officiellement, Emmerson Mnangagwa n’est que le «président élu» de Zimbabwe. A l’heure actuelle, c’est comme s’il terminait le mandat « intérimaire» qu’il avait entamé après la chute de Robert Mugabe en attendant de pouvoir être légalement investi. Ces 14 jours qui viennent seront sans doute les plus longs de l’année pour lui.

C’est dans ces délais que la Cour constitutionnelle devrait rendre son verdict sur le recours de l’opposition. La Cour peut déclarer Nelson Chamisa vainqueur ou demander à la ZEC, la commission électorale, de recommencer le processus pour convoquer à nouveau les Zimbabwéens aux urnes. Pour Emmerson Mnangagwa qui n’a cessé de mettre en avant la crédibilité et la transparence du premier scrutin post-Mugabe, ce serait un camouflet. A moins que tout cela ne soit un simulacre pour donner une caution de transparence à son début de règne.

 

Source : La Tribune Afrique

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