Soudan : Omar El Béchir veut prolonger son règne de 29 ans

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«Nous avons décidé d’engager les démarches nécessaires pour lui permettre de se présenter à la présidentielle de 2020». Kabashor Koko, le chef du conseil consultatif du Parti du congrès national (au pouvoir), a levé un coin du voile tout en gardant le mystère. Alors que la constitution soudanaise limite à deux, le nombre de mandats présidentiels, Omar El Béchir a été désigné candidat de la mouvance présidentielle pour un autre mandat !

A 74 ans, Omar El Béchir caracole dans le top 5 des records de longévité au pouvoir. Son règne de 29 ans entamé en 1989 par un coup d’Etat n’est pas encore près de se terminer.

Après une réunion de consultations des instances du parti, le Conseil consultatif du Parti du congrès national a décidé d’aligner une nouvelle fois Omar El Béchir comme le candidat de la mouvance présidentielle pour les élections de 2020, comme l’indique une dépêche de Suna, l’agence d’informations officielle.

Ce que l’information ne dit pas, c’est que la candidature d’Omar El Béchir est constitutionnellement irrecevable. Le président soudanais, arrivé au pouvoir en 1989 après avoir renversé le Premier ministre Sadeq Al-Mahdi, a été élu en 1996 puis réélu en 2006. L’exercice du pouvoir de cet officier formé au Caire aurait dû s’arrêter là.

Tripatouillage constitutionnel

En 2005 pourtant, par un tripatouillage constitutionnel, le maréchal-président avait réussi à lever le verrou de la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels. Réélu en 2006, Omar El Béchir devait normalement transmettre le pouvoir après ses deux mandats mais le scénario d’un arrangement avec la loi lui permet de continuer. Mais c’est sans compter avec ce président qui s’est vu offrir un Palais présidentiel flambant-neuf par la Chine.

« Nous avons décidé d’engager les démarches nécessaires pour lui permettre de se présenter à la présidentielle de 2020», fait savoir Kabashor Koko. Même si le chef du Conseil consultatif du parti au pouvoir s’est voulu un brin mystérieux, la seule alternative pour valider la candidature d’Omar El Béchir serait d’amorcer une nouvelle révision de la constitution pour remettre à nouveau les compteurs à zéro.

Accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité depuis 2009 pour des faits en liens avec la guerre dans le Darfour et de génocide en 2010, Omar El Béchir est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

Bénéficiant de son statut de chef d’Etat en exercice, l’homme à la canne parcourt le monde sans être arrêté et livré à la juridiction de Fatou Bensouda qu’il nargue par ses nombreux voyages à l’étranger. Il semble qu’Omar El Béchir ait trouvé une raison supplémentaire pour se maintenir au pouvoir : échapper à la justice internationale.

 

Source : La Tribune Afrique

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