Libre en Côte d’Ivoire, Simone Gbagbo veut faire annuler les poursuites de la CPI

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C’est la dernière épée de Damoclès judiciaire qui pend encore sur la tête de l’ex-Première Dame ivoirienne. Mais pour cette habituée des prétoires depuis 2011, cette nouvelle bataille juridique ne lui fait pas peur. Simone Gbagbo a déposé un recours en annulation de la procédure à son encontre devant la Cour pénale internationale (CPI). C’est sans compter sur la détermination de Fatou Bensouda, la procureure de la juridiction basée à La Haye qui retient encore Laurent Gbagbo dans les liens de la détention. Duel de femmes en perspective ?

A peine libérée qu’elle se lance déjà dans une autre bataille de prétoires. Simone Gbagbo n’a même pas pris le temps de savourer l’amnistie qui lui a valu sa libération au nom de la réconciliation. «En septembre [2018], l’équipe de défense de Simone Gbagbo engagera à la CPI, une procédure pour annuler les poursuites contre elle», annonce ce vendredi 10 août 2018, Me Rodrigue Dadjé, son avocat.

Amnistiée, Simone Gbagbo toujours sous la menace d’un mandat de la CPI

Dans les dossiers de la CPI, Simone Gbagbo est classée sur la liste des «suspects en fuite». «Un mandat d’arrêt a été délivré sous scellés à l’encontre de Simone Gbagbo le 29 février 2012 et les scellés ont été levés le 22 novembre 2012», écrit la juridiction basée à La Haye dans le dossier affairant à la Côte d’Ivoire.

Arrêtée en avril 2011 en compagnie de son mari dans la résidence présidentielle de Cocody, Simone Gbagbo est donc toujours sous la menace d’un mandat de la CPI pour «crimes de guerre» et «crimes contre l’Humanité» supposément commis pendant la crise post-électorale de 2010. Elle aurait joué un rôle de premier plan notamment dans la répression d’une marche devant le siège de la télévision nationale et le bombardement du marché d’Abobo, fief réputé proche d’Alassane Ouattara.

Et pourtant, après une longue guerre de prétoires, la Cour d’Assises d’Abidjan avait innocenté la «Dame de fer» de ces charges avant que la Cour Suprême ne vienne casser le verdict. Cette dernière posture ouvre encore la voie à un jugement de Simone Gbabgo devant les juridictions ivoiriennes, l’argument principal d’Alassane Ouattara pour refuser de livrer à La Haye l’ancienne Première Dame de Côte d’Ivoire.

Ce mercredi 8 août, l’ex-Première Dame de Côte d’Ivoire avait été libérée d’une autre condamnation à 20 ans de prison pour «atteinte à la sûreté de l’Etat». Une loi d’amnistie présidentielle annoncée par Alassane Ouattara, le 6 août 2018, avait bénéficié à près de 800 personnes dont Simone Gbagbo qui avait déjà purgé spet ans de détention.

Fatou Bensouda face aux Gbagbo

Désormais, c’est une autre bataille juridique que la «Dame de fer» a engagée contre la juridiction de Fatou Bensouda. «[Simone] Gbagbo doit être arrêtée sur la base de ce mandat et transférée à la CPI pour y être poursuivie. Toute amnistie qui pourrait avoir été accordée n’a aucun impact sur les procédures devant la CPI», précise la CPI dans un communiqué diffusé dans la foulée de la libération de Simone Gbagbo.

Mais les choses se corsent pour Fatou Bensouda. La procureure de la CPI doit en effet faire face à une double procédure d’annulation. Avant le recours en annulation de Simone Gbagbo, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo avait lui aussi demandé l’abandon des charges retenues à son encore. Difficile de voir la CPI refuser les deux procédures en même temps au risque de faire passer son obstination pour de l’acharnement contre les Gbagbo. Les autres acteurs de la crise étant libres et même promus dans l’Administration Ouattara, ne sont eux pas concernés par des mandats d’arrêt.

Pour sa défense, Simone Gbagbo veut donc faire annuler les poursuites et éviter son transfèrement à La Haye. A son avantage, l’annonce d’Alassane Ouattara de ne plus transférer aucun Ivoirien à la CPI, apporte de l’eau au moulin de son avocat. Le meilleur argument reste sans doute ce «montage» dénoncé par le site d’investigation français Médiapart, au moment de l’arrestation de Laurent Gbagbo. Nul doute que la Dame de fer exploitera la moindre petite faille pour ne pas subir le même destin que son mari.

 

Source : La Tribune Afrique

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