Côte d’Ivoire : une alliance du PDCI de Bédié avec le PFI d’Affi Nguessan en perspective ?

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Après le divorce entre le PDCI et le RDR pour désaccords dans la formation du parti unifié RHDP, le Parti d’Henri Konan Bédié envisage un remariage politique qui bouleverse l’échiquier politique en Côte d’Ivoire. Lors d’une entrevue à son domicile, Henri Konan Bédié a discuté une éventuelle alliance entre le PDCI er le FPI de Pascal Affi Nguessan en perspective des élections municipales et régionales du 13 octobre 2018. Peut-être même au-delà.

Dès les prémices d’une rupture du pacte entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, Pascal Affi Nguessan a déployé une vaste opération de rapprochement envers le PDCI. Alors ce vendredi 10 août lorsque le Sphinx de Daoukro le reçoit à son domicile, le chef de file du Front populaire ivoirien a martelé son vœu ardent : il veut bâtir une alliance politique de substitution avec le PDCI.

«Rien ne s’oppose» à cette alliance

«Il était important que nous venions rencontrer l’ancien chef de l’Etat, celui qui a été toujours au service de la cause nationale, pour échanger avec lui sur ce nouveau contexte, et réaffirmer notre disponibilité à prendre toute notre part dans la constitution de cette nouvelle plateforme, à envisager, dans le cas des élections locales, toutes les possibilités d’alliance afin que ces acteurs de la paix se retrouvent ensemble pour fonder ce nouvel avenir », justifie Pascal Affi Nguessan devant la presse.

Après des mois d’attente, Pascal Affi Nguessan a peut-être choisi le bon moment pour revenir à la charge. La veille de son audience au domicile de Henri Konan Bédié, ce dernier avait notifié officiellement au président Alassane Ouattara, la fin de la participation de son parti, à la coalition qui a porté ADO au pouvoir. L’ancien parti unique qui a prévenu les élus qui lui sont affiliés, entérine donc sa bouderie d’un RHDP qu’Alassane Ouattara voulait mettre sur pied suivant la technique du fait accompli. C’était mal connaître HKB.

Désormais, le président du PDCI semble avoir les coudées franches pour envisager des alliances politiques avec d’autres formations. Et pourquoi pas le FPI de Pascal Affi Nguessan ? Le Sphinx de Daoukro, habitué à ne dévoiler son jeu qu’en dernière minute a laissé la porte ouverte tout en conservant le mystère.

«Rien ne s’oppose à ce que, dans une plateforme comportant toutes les forces vives de la nation dans les partis politiques, le PDCI et le FPI se retrouvent ensemble», indique Henri Konan Bédié.

Il faudra peut-être attendre la constitution des listes pour les municipales et régionales du 13 octobre 2018 pour savoir si le parti créé par Laurent Gbgagbo et l’ancien parti unique vont aller main dans la main à cette joute électorale test. Le scrutin permettra aussi de peser le poids politique de cette alliance que l’on voit pointer le bout de son nez.

Un paysage politique plus lisible pour la présidentielle 2020

Pour autant, il ne faut pas exclure qu’avec cette temporisation, Henri Konan Bédié se donne le temps de voir plus clair dans le jeu de la faction FPI d’Aboudramane Sangaré. Celle-ci est ragaillardie par la libération de Simone Gbgabo, toujours 2ème vice-présidente de cette formation radicale à la tête de laquelle Laurent Gbagbo a été reconduit. Certaines analystes à Abidjan laissent entendre que la libération de Simone Gbagbo servirait les intérêts du pouvoir.

Toujours selon ces mêmes conjectures, Alassane Ouattara a voulu donner de la voilure à une opposition quasi inexistante -ou « boycottante »- pour légitimer les élections à venir aux yeux de la communauté internationale. Mieux, le président ivoirien espérerait que cette amnistie de 800 détenus politiques provoque l’implosion d’une opposition certes plus nombreuse mais engluée dans des règlements de comptes.

Dans tous les cas, cette proposition d’alliance entre le PDCI et le FPI laisse présager une recomposition du paysage politique en Côte d’Ivoire. Entre les manœuvres de positionnement et les futurs rapprochements, difficile de prédire avec certitude qui va se retrouver dans quel camp. Pourtant, une fois ces manœuvres tues, la carte du paysage politique en deviendra plus lisible pour la présidentielle 2020.

 

Source : La Tribune Afrique

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