Présidentielle au Cameroun : Paul Biya et les vingt-sept prétendants

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Dans les starting-blocks pour la Course au Palais d’Etoudi, ils sont vingt-sept à se rêver en successeur de Paul Biya. Selon la liste d’Elecam, la commission électorale camerounaise, vingt-huit dossiers de candidatures dont celui du président sortant devront être examinés avant la publication la liste définitive de ceux qui seront en piste pour la présidentielle du 7 octobre prochain.

Le bureau d’Erik Essousse a sans doute été débordé par la pile de dossiers. Dans une liste publiée ce vendredi 20 juillet 2018, Elections Cameroun (Elecam), la commission électorale qu’il dirige, indique avoir reçu vingt-huit candidatures pour la présidentielle du 7 octobre 2018.

Paul Biya, des figures montantes et la jeune relève

Sans surprise, au nom du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), le dossier de Paul Biya, qui avait annoncé, il y a une semaine sa candidature à un septième mandat de sept ans, figure parmi les noms des dépositaires.

L’administrateur civil, Garga Aman Adji, pour le compte de l’Alliance pour la démocratie et le développement (ADD) fait partie des prétendants. Ce dernier avait échoué à deux reprises, en 2004 et 2011, à pousser les portes du Palais. L’écrivain Adamou Ndam Njoy est pratiquement dans le même cas. Il veut porter les couleurs de l’Union démocratique du Cameroun (UDC) avec lequel il a été malheureux pour les présidentielles de 1992, 2004 et 2011.

Il y aussi les figures qui incarnent un certain renouveau de la classe politique en dépit de leur âge. A 64 ans, Maurice Kamto, universitaire et avocat, ambitionne de porter les couleurs du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC). Après avoir trouvé la parade d’un parti politique qui lui donne la caution légale pour se porter candidat, l’«avocat en papillon», Akere Muna, fondateur Amnesty International Cameroun, est perçu comme un des challengers les plus sérieux.

Des benjamins qui figurent sur la liste des candidats retenus, incarnent la relève politique camerounaise. Cabral Libii (38 ans), un journaliste et analyste politique très populaire sur les réseaux sociaux veut aussi jouer ses chances. Tout comme Joshua Osih qui, à 39 ans, sera le champion SDF, le premier parti d’opposition du Cameroun.

Deux femmes, cinq indépendants, peu d’illusions

La liste des candidats retenus ne comportent que deux femmes. Habiba Issa a passé outre les injonctions de son secrétaire général de soutenir Paul Biya. Elle porte les couleurs de l’Union des populations du Cameroun (UPC). L’opératrice Geneviève Zeh Amvene ira aux élections sans étiquette politique mais espère ramener les femmes au devant de la scène politique. Sans doute, ces deux candidates espèrent avoir plus de chance qu’Edith Kah Walla et Esther Dang, respectivement malheureuses 6è et 11è lors de la présidentielle de 2011.

Au chapitre des candidatures indépendantes déposées, quatre hommes et une femme ont osé franchir le pas dans un pays où la politique s’appuie beaucoup sur les structures de partis. Mais ces candidats indépendants espèrent profiter de la lassitude des Camerounais pour la manière de faire des partis politiques.

Au final, vingt-huit candidats se sont acquittés des 30 millions de Fcfa de caution nécessaires pour faire acte de candidature. L’Elecam devrait se plonger dans les vérifications d’usage de ces dossiers avant de fournir une liste définitive des candidats en lice pour la remise en jeu du fauteuil de Paul Biya. Mais au Cameroun, presque personne ne se fait d’illusions : si le patriarche de 85 ans redescend dans l’arène politique, ce n’est pas pour perdre. Mais le calendrier électoral africain de ces dernières années n’a pas manqué de révéler certaines surprises.

 

Source : La Tribune Afrique

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