Côte d’Ivoire : les ministres PDCI, principal allié du RDR au pouvoir, écartés de leur parti

0
13

C’est une nouvelle donne dans la crise qui secoue depuis quelques temps, la coalition au pouvoir. Les ministres du parti PDCI RDA, le principal allié du RDR du président ADO, ont été écartés de la direction de leur formation politique. Une décision qui remet en cause le parti unifié que veut créer le chef de l’Etat et qui surtout fragilise le gouvernement avec en toile de fond, des risques d’incertitudes politiques qui vont impacter la dynamique de croissance du pays.

Ce n’est pas encore le divorce entre le RDR du président Alassane Dramane Ouattara (ADO) et son principal allié, le PDCI-RDA. Les signes ne trompent pourtant pas sur le fait que l’alliance au pouvoir est en train de se fissurer avec la succession des évènements de ces derniers jours. Le dernier acte en date a été la décision que vient de prendre le président du PDCI, Henri Konan-Bédié, de débarquer du secrétariat exécutif de son parti, les membres qui siègent au gouvernement.

Aucune explication officielle n’a été donnée mais ses motivations ne sont qu’un secret de polichinelle d’autant qu’elle intervient trois jours à peine après l’Assemblée générale constitutive du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et pour la paix (RHDP), le parti unifié voulu par chef de l’Etat mais qui n’emballe pas vraiment ses alliés parmi lesquels le PDCI justement. « Je tiens à porter à votre connaissance que le PDCI-RDA n’est pas concerné par cette Assemblée générale », a fait publier le président du PDCI quelques heures avant le début de l’événement qui a été présidé par le Chef de l’Etat en personne, lequel a d’ailleurs été auréolé de la présidence du nouveau parti. Le président du PDCI Henri Konan Bédié a certes demandé « à tous les militants et à toutes les militantes du PDCI-RDA de ne pas s’associer à cet événement, ni d’y participer », mais plusieurs ministres de son parti ont marqué de leur présence la rencontre. Il faut dire que le nouveau gouvernement qui a été nommé le 10 juillet, est constitué selon les explications du président et par la suite de son chef du gouvernement, que des ministres favorables à la création du parti unifié.

La sanction de la direction de l’ancien parti unique ne s’est pas faite attendre avec cette décision du président Bédié, lequel a été soutenu par les principales structures du PDCI notamment le groupe parlementaire à l’Assemblée, les sénateurs ainsi que l’organisation des jeunes.

Le gouvernement fragilisé

La décision du président du PDCI va fragiliser davantage le gouvernement Amadou Gon Coulibaly et au-delà, la coalition au pouvoir. Bien qu’il ne soit pas encore démis officiellement de leur formation politique, les ministres PDCI n’ont désormais plus la légitimité de représenter le principal allié de la coalition. Autant dire que le PDCI qui a annoncé qu’il ne rallierait aucun nouveau parti avant les élections de 2020 est pratiquement et désormais un « pied dedans et l’autre dehors » de la coalition au pouvoir alors que se profilent les élections locales et régionales d’octobre prochain, dernier test électoral avant l’échéance de 2020.

La crise entre le RDR au pouvoir et son principal allié couve depuis quelques temps en raison notamment du forcing imposé par le président ADO pour la constitution du parti unifié en prélude aux prochaines élections présidentielles de 2020.

Plus l’échéance s’approche et plus les ambitions s’affirment et la crise n’a cessé de s’amplifier faisant craindre un nouveau cycle d’incertitudes politiques pour le pays. C’est d’ailleurs l’un des principaux facteurs à risque qui assombrissent les perspectives de croissance du pays qui affiche pourtant une progression des plus dynamiques du continent. « Les incertitudes liées au climat social et politique et aux prochaines élections de 2020 risquent d’inciter les investisseurs à adopter un comportement plus attentiste » avait d’ailleurs rappelé la Banque mondiale dans sa dernière évaluation des perspectives économiques du pays publié le 12 juillet dernier. Début d’année, la BAD avait déjà estimé que « les prochaines échéances électorales prévues en 2020 et l’incertitude planant autour d’une recomposition des forces politiques pourraient également être une source d’instabilité ».

 

Source : La Tribune Afrique

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here