Centrafrique : Moscou met le cap sur l’or et les diamants

0
94


Arrivés en fanfare à  Bangui pour former l’armée centrafricaine, les Russes s’adonnent plus discrètement à  l’extraction minière. Enquête exclusive.

Plusieurs sites de diamants alluvionnaires situés entre Boda et Gadzi, non loin de la base militaire russe de Bérengo, en banlieue de Bangui, ont commencé à  être exploités par les Centrafricains. Ces derniers s’activent sous l’œil attentif des hommes de la société Lobaye Invest.

Sécurité.

Cette société enregistrée en Centrafrique à  la suite d’un appel d’offres est une filiale de la société originaire de Saint-Pétersbourg M Invest, fondée par Yevgeny Prlgozhin. Celle-ci contrôle déjà  des sites aurifères au Soudan voisin. Surnommé localement le « cuistot du Kremlin », cet oligarque proche du président russe Vladimir Poutine se trouve également être l’un des principaux associés de Wagner, groupe spécialisé dans la sécurité plus connu sous le sigle ChVK Wagner ( LC n°776).

Ce groupe gère actuellement les programmes de formation des Forces armées centrafricaines (FACA), initiés début 2018. Il assure également d’autres missions comme la protection du chef de l’Etat, Faustin Archange Touadéra. Selon nos sources, les hommes de Wagner appuient directement les activités de Lobaye Invest en affrétant et en transportant, pour le compte de cette société, des pompes hydrauliques et des équipements de rétention d’eau depuis Bangui. Les allers-retours entre les sites miniers et la capitale s’effectuent par camions-plateaux protégés, et sous la surveillance de plusieurs éléments russes armés.

Navire amiral.

Au moment où Moscou vient de signer un accord de défense avec le Congo-K (d’autres accords du même type sont espérés avec le Tchad, le Rwanda, le Gabon…), Wagner fait office de véritable poisson pilote de la Russie en Afrique à  partir de la Centrafrique. Yevgeny Prigo zhin est d’ailleurs à  l’origine d’un « projet africain » définissant la nouvelle politique d’influence économique et militaire de Moscou sur ce continent.

Parallèlement au sous-sol centrafricain, la Russie renforce ses intérêts dans ce pays grâce aux négociations qu’elle a engagées, pour le compte du régime de Faustin Archange Touadéra, avec les nombreuses émanations de l’ex-rébellion Séléka. Celles-ci contrôlent les zones aurifères et diamantifères stratégiques, notamment au Nord et au Nord-Est, entre Birao et Bria. Malgré les aléas de ces pourparlers, les Russes ont déjà  obtenu d’exploiter des sites aurifères, à  l’instar de la mine de Ndassima, dans les environs de Bakala (Centre), moyennant d’assurer la pacification de cette zone exposée. Cette dernière est sous la menace de l’Union pour la Centrafrique (UPC) du chef de guerre Ali Darass…

Source : abangui.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here