Liberia : en s‘attaquant à l’inflation, le président Weah lance enfin les vrais chantiers économiques

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Le président libérien vient d’annoncer une série de mesures destinées à juguler l’inflation qui devient de plus en plus insupportable pour les populations. A travers ces reformes monétaires, Georges Weah s’attaque enfin à la relance économique du pays, un dossier où il est particulièrement attendu malgré les hésitations de ses premiers mois de présidence.

Il ne s’agit pour l’heure que de simples annonces et de mesures conjoncturelles mais pour le président libérien, c’est le début d’une vaste série de réformes destinées à relancer l’économie du pays très mal en point. Georges Weah a en effet annoncé ce lundi 16 juillet dans une adresse sur la situation du pays, la mise en œuvre d’une série de mesures fiscales et monétaires avec comme principaux objectifs, d’atténuer la chute du dollar libérien face au dollar américain et partant de juguler l’inflation galopante qui affecte le pouvoir d’achat des populations.

« Je suis pleinement conscient de l’impact négatif de la baisse du taux de change sur la situation économique du peuple libérien, et des graves difficultés que cela commence à engendrer. Nous estimons qu’une application plus énergique de la politique monétaire devrait permettre de résoudre le problème », a annoncé le président Georges Weah.

Parmi les mesures, une injection immédiate dans le circuit économique de 25 millions de dollars par la Banque centrale afin de lui permettre d’éponger l’excèdent de dollars libériens. Lundi, il fallait quelque 160 dollars libériens pour obtenir un dollar américain, contre seulement 100 en juin 2017, ont rapportés plusieurs médias du pays.

Selon le chef de l’Etat, 90% de la monnaie locale circule dans des circuits informels alors que la chute du dollar libérien a en effet entraîné une augmentation des prix, notamment des produits de première nécessité avec une inflation qui est passée de 17% en février à 21% en ce mois de juillet. La suite des mesures seront annoncés prochainement et afin de mieux réguler le marché des changes et le secteur bancaire, des pouvoirs plus étendus seront également accordés à la banque centrale qui va donc renforcer sa surveillance du système monétaire.

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Relance économique

Avec ces mesures à impacts directs, le président Weah entend donc contenir la grogne sociale qui commence à s’amplifier. Il s’attaque surtout au vaste et complexe chantier de la relance de l’économie libérienne, un dossier où il est particulièrement attendu. Arrivé au pouvoir en janvier dernier, l’ancienne star internationale de football tarde encore à imprimer sa marque dans ce domaine sur lequel il a pourtant fait campagne.

Il est vrai qu’il à accéder à la présidence alors que l’économie libérienne ne s’est pas encore relevé de l’épidémie d’Ebola de 2014 ainsi que de la baisse des cours des matières premières dont le pays regorge, notamment le fer ou le caoutchouc. A cela s’ajoute les stigmates des années de guerre civile qui, entre 1989 et 2003, ont complètement mis à genoux l’économie du pays.

Le double mandat de l’ancienne présidente, Ellen Johnson-Sirleaf, a permis de poser les bases d’un redémarrage de la machine économique mais les attentes sociales sont légion et les défis immenses pour le nouveau pouvoir de Monrovia. En dépit de quelques mesures à caractères social prises par le gouvernement sur les six derniers mois notamment l’abandon des taxes d’importations sur certains produits de base, Georges Weah suscite de vives critiques de la part de la population qui attend encore de voir les couleurs du changement promis.

Conscient de ces critiques, le chef de l’Etat a dans son message à la nation, annoncé la présentation dans les prochains jours d’une stratégie de relance économique et de lutte contre la pauvreté. Toutefois, il a reconnu que « trouver des solutions durables aux défis macroéconomiques prendra du temps ». Il va donc falloir de la patience pour les libériens mais avec les séries de manifestations qui s’annoncent contre la dégradation de la situation économique, pas sûr que Georges Weah obtienne encore un sursis pour sa période de grâce.

 

Source : La Tribune Afrique

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