Comesa : la Tunisie et la Somalie officiellement membres

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La Tunisie et la Somalie sont officiellement devenues membres du Marché commun de l’Afrique orientale et australe à l’occasion du 20e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation qui se tient ces 18 et 19 juillet à Lusaka en Zambie. Afin de booster la dynamique du marché commun, le sommet a mis l’accent sur l’accélération de l’intégration numérique afin de faciliter le commerce intra-africain, ce qui suscite la convoitise de la Tunisie qui entend renforcer sa stratégie d’expansion africaine. Avec en ligne de mire, des marchés parmi les plus dynamiques du continent.

C’est à Lusaka en Zambie et non plus à Bujumbura au Burundi, que la Tunisie et la Somalie ont fait leurs entrées solennelles comme membres à part entière du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). Officiellement prévue en juin dernier, la signature officielle de l’acte d’entrée des deux pays s’est finalement déroulée à l’occasion du 20e sommet des Chefs d’Etats et de gouvernement de l’organisation qui se tient ces mercredi 18 et jeudi 19 juillet dans la capitale zambienne. Dans un premier temps, le sommet a été en effet prévu dans la capitale burundaise avant qu’il ne soit finalement reporté et délocalisé à Lusaka.

Les travaux du Sommet ont débuté depuis le 9 juillet avec les sessions ministérielles qui peaufineront les décisions que les chefs d’Etat et de gouvernement devraient adoptés lors de leur conclave. C’est à cette occasion que le Tunisie et la Somalie signeront l’acte officiel de leur adhésion sous la présidence du chef d’Etat malgache, Hery Rajaonarimampianina, président en exercice du COMESA. Plusieurs autres chefs d’Etat des pays membres de l’organisation, notamment le zambien Edgar Lungu et son homologue malawite, Peter Mutharika, assistent également au sommet qui est placé sous le thème de l’intégration des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour booster les échanges au sein du marché commun. Malgré la dynamique enclenchée au sein de l’organisation par l’accord de libre-échange institué en 2000, beaucoup reste à faire et afin d’accélérer le processus, plusieurs décisions ont été prises au Sommet de Lusaka à travers notamment l’intégration des NTIC pour favoriser l’intégration numérique au sein du marché commun.

Des obstacles à l’intégration

Dans son allocution d’ouverture, ce mercredi 18 juillet au Centre international de conférence Kenneth Kaunda de Lusaka, le président malgache a souhaité la bienvenue aux deux nouveaux entrants, un signe du dynamisme de la zone d’intégration régionale. Heri Rajaonarimampianina a plaidé pour un renforcement de l’intégration au sein du COMESA mais aussi avec les autres zones économiques régionales dans la droite ligne de la mise en œuvre de la Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAF) dont le processus a été lancé en mars 2018 à Kigali au Rwanda.

« Actuellement, le commerce entre les pays du COMESA se chiffre à 9 milliards de dollars américains, ce qui équivaut en pourcentage à environ 10% des échanges globaux avec le reste du monde » a fait savoir le président malgache qui a insisté sur la nécessité d’accélérer le processus d’intégration des économies africains afin de profiter pleinement du potentiel des productions nationales et promouvoir le commerce intra-africain. « Les études réalisées par le secrétariat exécutif du COMESA ont relevé que les pays membres importent pour près de soixante-dix-milliards de dollars des marchandises que nous produisons déjà nous-mêmes et commercialisons entre nous-mêmes » a souligné le président qui a déploré le fait que malgré les engagements pris par les pays membres le 10 juin 2015 à Sharm El Sheikh en Egypte pour la mise en œuvre de la zone de libre-échange tripartite (TFTA) entre le COMESA, la SADC et l’EAC, 14 pays n’ont pas encore ratifié l’accord pour qu’il entre en vigueur. C’est pourquoi il a plaidé pour que les autres pays encore réticents à ratifier l’accord qui va ouvrir la voie à l’instauration d’un marché regroupant 26 pays soit 720 millions de consommateurs et un produit national brut estimé à 1,5 milliard de dollars.

Marchés prometteurs

C’est ce vaste marché qu’offre la zone de libre-échange tripartite que convoitent des pays comme la Tunisie qui a pris, ces dernières années, un véritable virage africain. Le pays est d’ailleurs représenté à Lusaka par une importante délégation conduite par son ministre des Affaires étrangères, Khemais Jhinaoui, qui représente le président Béji Caïd Essebsi. « Une fois approuvée comme membre permanent du Comesa, la Tunisie aura systématiquement l’accès à la zone de libre-échange triangulaire qui comporte, outre le Comesa, la CAE (Communauté de l’Afrique de l’Est) et la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), un marché qui réunit presque la moitié des pays du continent » a d’ailleurs fait savoir la diplomatie tunisienne à la veille de la signature de son adhésion.

La Tunisie a entamé les procédures d’adhésion depuis janvier 2016 avant de recevoir son ticket d’entrée en octobre dernier. Avec l’officialisation de son acte d’adhésion, les entreprises tunisiennes vont pouvoir désormais lorgner sur un marché commun institué en 1994 et qui comprend aujourd’hui une vingtaine de pays, dont les économies les plus dynamiques du continent, avec près de 520 millions d’habitants et un PIB de 800 milliards de dollars.

 

Source : La Tribune Afrique

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