Centrafrique : Touadera veut payer des arriérés de salaire de 2003 !

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Henri-Marie Dondra, le ministre des Finances et du budget devra trouver la recette miracle dans des calculs d’apothicaire. Mais Faustin Archange Touadera veut honorer sa promesse d’éponger les arriérés de salaires dont certains remontent à 2003, sous le credo de la « continuité de l’Etat ». Coup politique pour contenter les fonctionnaires et les partenaires internationaux ? Véritable volonté du chef de l’Etat ? La mesure semble plus facile à dire qu’à exécuter.

C’est un labyrinthe, ce dossier des salaires non payés dans une Centrafrique souvent instable, traversée par des régimes autoritaires ou politiquement en difficulté. Entre les régimes de d’André Kolingba (1981-1993), d’Ange-Félix Patassé (1993-2003), François Bozizé (2003-2013) et Michel Djotodja (2013-2014), les fonctionnaires centrafricains en activité ou à la retraite cumulent plus de deux ans de salaires impayés et de pensions non versées. Une situation qui concernerait plus de 15.000 fonctionnaires.

Au nom de la «continuité de l’Etat »

Arrivé au pouvoir en 2016, ce sont ces arriérés que Faustin Archange Touadera veut éponger…au nom de la «continuité de l’Etat ». Ce vendredi 13 juillet 2018, à l’ouverture vendredi des travaux d’une mini-revue de la Banque Mondiale sur les projets en Centrafrique, il le fait savoir.

«Fidèle à mon engagement et après avoir échangé avec le Ministre des finances et du budget sur les conditions de relance pérenne de notre économie, je l’ai instruit de mettre en place un mécanisme d’apurement des arriérés de salaires en commençant par celles de l’année 2003. Les paiements devront commencer au mois d’août prochain et s’achèveront au plus tard au mois de décembre prochain», annonce le chef de l’Etat.

Ce type d’annonce, les fonctionnaires, les retraités et les syndicats y sont habitués. Ces derniers ont dû jouer « au chat et à la souris» pour deux mois d’arriérés de salaires concernant l’année 2013. Les échéances de paiement, sans cesse repoussées sous prétexte de négociations avec les partenaires internationaux ne sont qu’en partie réglées.

Effet d’annonce ou pré-campagne pour 2021?

Le scénario reste le même: à chaque fois que la Centrafrique reçoit une promesse de crédit ou d’appui, les autorités se pressent à ressortir des cartons, le dossier de l’apurement des arriérés de salaire.

Désormais c’est Henri-Marie Dondra, le ministre des Finances et du budget qui est sous pression. Le timing est serré. En cinq mois, il devra trouver une formule magique pour évaluer le montant des impayés de 2003 puis procéder, avant la fin de l’année à leur versement intégral. Les autres annonces d’apurement s’étaient terminées en menaces de grève et en perturbation dans l’administration centrafricaine.

Plus loin, il ne faut pas exclure que cette annonce de Faustin Archange Touadera ne soit qu’un effet d’annonce en direction de ses partenaires du FMI et de la Banque Mondiale. L’idée serait de leur présenter une certaine pression sociale à apaiser avant de procéder au « toilettage» de la fonction publique, thème cher au FMI.

D’un autre côté, en se présentant comme un homme de parole qui respecte ses promesses de campagne, Faustin Archange Touadera veut faire augmenter son capital sympathie au niveau interne. Sans doute, pense-t-il à la présidentielle du 2021 pour laquelle il semble être en constante campagne électorale. Au risque même de mettre le thème des arriérés de salaire, un serpent de mer.

 

Source : La Tribune Afrique

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