G5 Sahel : le Mauritanien Hanena Ould Sidi s’installe dans le fauteuil de Didier Dacko

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Changement de tête au commandement de la Force conjointe du G5 Sahel. Didier Dacko, le Général malien qui en assurait le commandement et son adjoint le Burkinabé Yaya Seré ont été remerciés en marge de la rencontre entre Emmanuel Macron et ses cinq homologues africains. Désormais le fauteuil de Commandant de la Force échoit au Mauritanien Hanena Ould Sidi. La lutte souterraine au sein du G5 Sahel n’a jamais été aussi féroce.

Paris avait fini par appuyer la volonté de Mohamed Ould Abdel Aziz et d’Idriss Deby. Pour les présidents mauritanien et tchadien qui entendent mettre en avant leur expertise armée, l’attaque du QG de la Force conjointe du G5 Sahel a été la goutte de trop après la bavure des Forces armées maliennes (Fama) sur des civils peuls en mai.

Ould Sidi dans le poste de commandement attend son adjoint tchadien

Alors lorsqu’Emmanuel Macron, en visite d’Etat à Nouakchott en marge du 31è Sommet de l’Union africaine (UA), rencontre les présidents du G5 Sahel à l’Ecole de guerre de la force sous-régionale, le sort de Didier Dacko est scellé. Lui et son adjoint burkinabé Yaya Seré sont éjectés de leur fauteuil respectifs de Commandant et de Commandant adjoint de la Force.

Au poste de pilotage du Commandement de la Force du G5 Sahel, c’est désormais le Général Hanena Ould Sidi, Chef de l’état-major général adjoint de l’armée mauritanienne, décrit comme « réservé, prudent mais efficace» par un fin connaisseur, qui prend les rênes. Le Mauritanien sera secondé par le Général Jean Bikimo, commandant en second de la Force.

A l’analyse, une rivalité souterraine oppose les chefs d’Etats pour le contrôle du G5 Sahel. De fait ou en usant de moyens légaux, la Mauritanie et le Tchad semblent vouloir prendre le bâton de commandement de cette force sous-régionale antiterroriste. En perspective d’un retrait de la Force française Barkhane très décriée dans le pays, Paris serait favorable aux armées mauritanienne et tchadienne perçues comme plus aguerries pour les combats au sol. Pour les appuyer dans leur contre-offensive face aux hordes de terroristes, l’opération française de forces spéciales Sabre devrait se positionner en renfort.

Changement de tête mais toujours pas d’opérationnalisation du G5 Sahel

Pour l’heure, afin de ne pas mettre Ibrahim Boubacar Keïta en difficulté à la présidentielle dans deux semaines, une sorte d’officialisation officieuse confirme l’éviction du Général Didier Dacko. Dans tous les cas, la Mauritanie et le Tchad s’affirment de plus en plus comme des maillons essentiels de la Force du G5 Sahel. Ce qui nuit à l’équilibre d’une force que l’on présente comme coordonnée et préparée.

Plus que le jeu de chaises musicales et le changement de tête, c’est la problématique du financement qui est la véritable haie à franchir. Au moindre micro tendu ou à la moindre caméra allumée au Sommet de l’UA, le Nigérien Mahamadou Issoufou répétait à satiété que les promesses de financement de la collecte de Bruxelles devraient être concrétisées pour permettre à la Force de se mettre sur pied. Une difficulté que les interminables réunions n’ont pas encore permis de surmonter.

Les attaques sur le terrain n’ont pas cessé comme la mort ce mercredi 11 juillet de deux soldats maliens dans une embuscade à Mopti. L’impératif devrait sans doute être de repousser les forces terroristes… en coordonnant les composantes de la Force du G5 Sahel. Encore faut-il trouver le financement pour une opérationnalisation effective.

 

Source : La Tribune Afrique

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