Pétrole : sous l’effet de la crise politique, la compagnie nationale libyenne suspend ses exportations

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La Compagnie nationale libyenne du pétrole a décidé de suspendre ses exportations dans l’est du pays. Cette décision radicale avec beaucoup de conséquences sur l’économie du pays, intervient suite à la décision des autorités parallèles fidèles au maréchal Khalifa Haftar, de conditionner l’accès des navires pétroliers aux ports de l’est à leur permission préalable.

C’est une véritable crise pétrolière que connait actuellement la Libye. Une crise de l’or noir mais sur fond de crise politique qui risque de compliquer plus encore la situation économique du pays. Ce lundi 02 juillet 2018, dans la matinée, la Compagnie nationale libyenne de pétrole a décrété l’état de force majeure en suspendant les exportations de pétroles dans l’est du pays. 24 heures plus tard, les ports de Zouetina et al-Hariga, au nord-est, sont à l’arrêt. Cette disposition relevant du gouvernement d’union nationale basée à Tripoli et reconnue par la Communauté internationale, apparaît comme une réponse aux décisions des autorités parallèles basées dans l’est et fidèles au Maréchal Khalifa Haftar de qui elles reçoivent leurs ordres.

En effet, à la fin du mois de juin, ces autorités qui contrôlent le croissant pétrolier et tout l’est de la Libye, ont décidé de conditionner l’accès des navires pétroliers aux ports de l’est à leur permission préalable. Elles avaient surtout annoncé que la gestion du pétrole dans la région passait sous leur contrôle, provoquant ainsi la colère non seulement des autorités reconnues mais aussi de la Communauté internationale. Avant ce revirement de la situation, au nom d’une résolution des Nations Unies, les troupes du maréchal Khalifa Haftar contrôlaient la région du croissant pétrolier mais la gestion des sites pétroliers était laissée à la Compagnie nationale basée à Tripoli. «Les installations, la production et les revenus pétroliers de la Libye appartiennent au peuple libyen (…). Ces ressources vitales pour la Libye doivent rester sous le contrôle exclusif de la Compagnie nationale de pétrole, légitimement reconnue, et sous la seule supervision du gouvernement d’union nationale, comme énoncé dans les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU», ont rappelé les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’ONU dans une déclaration commune la semaine dernière dans laquelle ils ont exigé un retour à la normale.

Un manque à gagner quotidien de 850.000 barils de pétrole

La suspension des exportations pétrolières, et par ricochet, de la production, porte un sérieux coup à l’économie libyenne. D’après les estimations relayées par RFI, la cessation de la production représente un manque à gagner de 850.000 barils de pétrole par jour pour le pays. Une véritable perte financière pour un pays dont l’économie pourtant est déjà très mal au point depuis la chute de Mouammar Kadhafi et la crise politique qui s’en est suivie. Justement, à en croire Philippe Sébille-Lopez, docteur en géopolitique spécialiste des enjeux énergétiques, cité par RFI, au-delà de la surenchère dans les déclarations, cette situation pourrait «porter préjudice à Tripoli dont les revenus reposent essentiellement sur le pétrole».

«Toute tentative de contourner le régime de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU nuira profondément à l’économie libyenne, aggravera la crise humanitaire et sapera plus largement la stabilité du pays … La communauté internationale va exiger des comptes de ceux qui sapent la paix, la sécurité et la stabilité de la Libye», avaient également prévenu les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Italie et l’ONU dans leur déclaration commune.

 

Source : La Tribune Afrique

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