31ème Sommet de l’UA : une vingtaine de chefs d’Etat en Mauritanie

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A Nouakchott, c’est le chant des sirènes d’escorte qui rythme l’ambiance dès le crépuscule. Pendant des heures, sur les abords d’une capitale où un policier est pratiquement posté tous les 100 mètres, le défilé de l’enfilade des 4X4 qui escortent les rutilantes limousines des délégations officielles, ajoute à la cacophonie grouillante. Une vingtaine de chefs d’Etat vont participer au 31ème Sommet de l’Union africaine qui se passe dans un centre de conférences flambant neuf, construit à 25 kilomètres du centre-ville.

En termes de fréquentation de chefs d’Etat, la réunion de Nouakchott est plus « achalandée» que lors du Sommet de la Ligue arabe que la capitale mauritanienne accueilli en juillet 2016. Lors de cette dernière, six chefs d’Etat sur les 22 avaient fait le déplacement.

Vingt sur trente-cinq, un succès diplomatique pour Nouakchott

Dans le cas de ce 31ème Sommet de l’UA, la Mauritanie a tablé sur la présence de 35 chefs d’Etat africains. Une vingtaine de présidents sont finalement présent dans le Palais Al Mourabitoune, sorti de terre à 25 km du centre-ville, dans les abords de l’aéroport Oumtounsy de Nouakchott. Depuis jeudi 27 juin, les premières limousines présidentielles ont traversé la capitale pour rejoindre leur résidence.

Avec une capacité litière de 1300 places, les autorités mauritaniennes ont usé de malice pour loger les 3000 invités attendus à Nouakchott. Les hôtels étant en sous-capacité, le comité d’organisation a dû réquisitionner les villas les plus cossues de Nouakchott pour pouvoir loger les chefs d’Etat et leur suite. «Ce n’est pas une réquisition. Cette solution s’est inscrite dans une démarche volontaire. Les propriétaires ont proposé eux-mêmes leurs villas. Et cela traduit l’hospitalité en terre mauritanienne. Les Mauritaniens veulent participer au succès du Sommet», rectifie un officiel mauritanien.

A huis-clos, Paul Kagamé du Rwanda, le président en exercice de l’UA va croiser le Sénégalais Macky Sall. Tous deux arrivés dès jeudi devront croiser le Burkinabé Roch Marc Kaboré, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta et le Tchadien Idriss Deby, qui tiendront une réunion du G5 Sahel avec le Français Emmanuel Macron, guest-star de ce sommet. Son arrivée en début d’après-midi pour une visite d’Etat (1 et 2 juillet) est un succès diplomatique pour la Mauritanie qui ambitionne de se replacer visiblement sur les radars diplomatiques et les grandes questions.

A leurs côtés, Mohamed Ould Abdelaziz a reçu le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Gambien Adama Barrow, le Gabonais Ali Bongo Ondimba, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, le Nigérian Muhammadu Buhari. Pourtant, comme à tous les sommets, certaines absences marquent.

Absences remarquées et urgence à agir contre la corruption

Le roi Mohammed VI du Maroc n’a pas fait le déplacement. Son ministre des Affaires étrangères, Nasse Bourita se chargera de lui rendre compte des grandes lignes du rapport Moussa Faki Mahamat sur le Sahara. Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Patrice Talon du Bénin, sont respectivement représentés par leur vice-président et leur chef de la diplomatie.

Joseph Kabila, trop pris sans doute par le scrutin du 23 décembre 2018, ne montera pas les escalators du Palais Al Mourabitoune. Pour d’autres raisons, notamment de lobbying économique, l’Angolais Joao Lourenço, a préféré se rendre à Bruxelles. Autre absence remarquée, celle d’Abdel Fattah Al Sissi qui devrait prendre pourtant la présidence de l’institution lors du sommet de janvier.

Après un dîner officiel que Mohamed Ould Abdelaz a offert, samedi 30 juin au palais présidentiel, les chefs d’Etat devraient se retrouver dans une séance à huis-clos. Une séance traditionnellement houleuse où les différends sont abordés sans circonvolutions diplomatiques. Ces mésententes pourraient se tasser autour du déjeuner qui suit cette séance.

Les débats seront concentrés sur la lutte contre la corruption. Seulement, avec une majorité de pays classés parmi les mauvais élèves, les débats risquent de ne pas aller dans le fond de la problématique qui fait perdre pas moins de 50 milliards de dollars à l’Afrique. Rien que ça devrait pousser à l’urgence d’agir. Toute l’Afrique n’attend que ça!

 

Source : La Tribune Afrique

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