Infrastructures : le Sénégal sollicite la Banque mondiale et l’AFD pour financer son chemin de fer

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La Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD) sont disposées à financer le projet de chemin de fer sénégalais, selon le ministre de l’Economie et des finances, Amadou Ba. Pour le gouvernement sénégalais, il s’agit d’un impératif afin de tirer pleinement profit de la montée en gamme du Port autonome de Dakar (PAD) qui de se doter d’une nouvelle stratégie quinquennale. Avec comme objectif majeure, le positionner comme un hub régional pour l’Afrique de l’Ouest.

«La Banque mondiale et l’Agence française de développement sont disposées à financer le projet du chemin de fer et les requêtes de financement partiront dès cette semaine», a annoncé, ce jeudi 28 juin, le ministre sénégalais de l’Economie et des finances. Selon Amadou Ba qui intervenait à l’occasion du lancement de la nouvelle vision stratégique 2019- 2023 du Port autonome de Dakar (PAD), c’est le président Macky Sall qui a donné des «instructions fermes» pour que le projet du chemin de fer soit engagé au plus vite et selon l’agence de presse officielle APS, le chef de l’Etat a exhorté les acteurs concernés à «veiller à un traitement direct des contraintes liées aux risques de congestion dans le port».

«L’impératif de compétitivité commande encore davantage, avec l’intensification de la concurrence, que l’Etat et les différentes parties prenantes perçoivent le port comme un facilitateur des échanges extérieurs et un instigateur des activités logistiques de la chaîne d’approvisionnement», a souligné par la suite, le ministre Amadou Ba.

Les infrastructures ferroviaires font partis des grands projets du Plan Sénégal Emergent (PSE) et selon les prévisions initiales, plus de 1 500 kilomètres de lignes ont été prévues durant le premier mandat du président Sall qui arrive à échéance l’année prochaine. Les projets envisagés concernent plusieurs lignes du réseau sénégalais qui est fortement dégradé depuis des années. Si le Train express régional (TER) est cours de réalisation, pour les autres, c’est encore l’heure de recherche de financement bien que des investisseurs sollicités ont déjà fait part de leurs intérêts. Le plus emblématique de ces projets, c’est la réhabilitation du chemin de fer Dakar-Bamako pour lequel, plusieurs annonces ont été faites notamment par le groupe du milliardaire nigérian Aliko Dangote ou des investisseurs chinois. La Banque mondiale a d’ailleurs réalisé plusieurs études de faisabilité mais malgré toutes ces annonces, rien de concret n’a encore été bouclé.

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Avec la nouvelle annonce du ministre sénégalais, le projet est de nouveau à l’ordre du jour. Bien que les détails des financements ainsi que les modalités ou les autres partenaires qui seront sollicités n’ont pas été publiés, la réalisation de ces infrastructures est un impératif pour le pays. Le Sénégal entend, en effet, faire du Port autonome de Dakar (PAD), un hub sous-régional pour les pays de l’UEMOA et le renforcement de son réseau ferroviaire est un atout compétitif par rapport aux autres ports concurrents.

Nouvelle stratégie de développement pour le port de Dakar

Ce n’est donc pas une coïncidence si l’annonce du ministre Amadou Ba est intervenue à l’occasion de la présentation du nouveau plan stratégique 2019-2023 du Port autonome de Dakar (PAD) que le Sénégal compte ériger en «moteur de l’émergence, et le plus compétitif de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à l’horizon 2023».

Selon le communiqué publié par le PAD, le but de ce nouveau plan stratégique est d’améliorer la compétitivité du port et d’attirer beaucoup plus de trafic afin de positionner Dakar comme un hub logistique régional. Le PAD joue en effet un rôle essentiel dans l’économie du pays, en contribuant pour 30% dans le budget national et pour environ 90% dans les recettes douanières, malgré les obstacles qui freinent son développement et menace son équilibre financier. De ce fait et selon le directeur général du port Aboubacar Sadikh Bèye, «le plan nouveau stratégique de développement a pour objet de déterminer les stratégies et de formuler des objectifs qui, une fois traduits en programmes et activités, donneront à la plateforme portuaire de Dakar, un avantage compétitif certain pour accroître le trafic et assurer la pérennité financière».

Ainsi, les autorités sénégalaises, également en quête d’investisseurs pour accompagner cette stratégie de développement, se sont engagées, selon le DG du PAD, à «éliminer les goulots d’étranglement qui gangrènent nos performances actuelles et futures et qui ont pour noms congestion, manque d’espace et absence de réserve foncière, faible niveau d’investissement, insuffisance de notre offre logistique par à rapport à la demande». Surfant sur les perspectives prometteuses de l’économie sénégalaise, Aboubacar Bèye a indiqué qu’il « faut anticiper sur les mutations profondes que connaîtra notre pays dans un horizon temporel pas très éloigné avec l’exploitation prochaine du gaz et du pétrole ».

Selon le DG du PAD, en 2017, le port a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 49 milliards, pour un trafic global de 18,2 millions de tonnes.

 

Source : La Tribune Afrique

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