Angola : vers un décret présidentiel pour un système de vente de diamants profitable à l’économie

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L’Angola passera bientôt à un nouveau système de vente de ses diamants bruts qui instaurera des règles plus strictes. L’objectif ultime étant de permettre à l’économie nationale de tirer au maximum parti des revenus engrangés par le secteur, tout en ouvrant la porte aux investisseurs. Un projet de décret présidentiel dans ce sens est en cours.

Le changement au sein du secteur diamantaire en Angola est imminent. Un projet de décret présidentiel est en cours pour établir un nouveau système de vente du diamant brut, indiquent nos confrères de Reuters qui ont pu consulter ledit document.

«Contrôle plus stricte», évaluation pré-vente des diamants, …

Le projet prévoit de nombreux changements plus ou moins radicaux. Entre autres, les diamants extraits seront dorénavant évalués avant toute vente, et ce, en fonction deux repères : le premier basé sur un échantillon de pierres typiques produites localement et le deuxième fondé sur une liste de prix alignés sur ceux du marché international.

En outre, le ministère des Ressources naturelles et du Pétrole reprendra complètement la main sur le secteur. Il devra assurer «un contrôle plus strict» des ventes de diamants. En cas de litiges au sein du secteur, il devra désigner des évaluateurs indépendants et fixer des critères plus transparents pour la sélection des acheteurs par la Sodiam -l’entreprise publique de commerce de diamant, « en donnant la priorité aux polisseurs et aux joailliers plutôt qu’aux intermédiaires qui revendent les pierres ».

Pour les acheteurs de diamants pré-approuvés, le projet de décret prévoit des sessions de vente sur le modèle des « sites » détenus par le groupe De Beers. En revanche, les pierres rares seront vendues aux enchères.

En finir avec le manque à gagner

Clairement, l’objectif du président Joao Laurenço à travers ce projet décret est de reconstruire un secteur du diamant plus profitable aux opérateurs nationaux et à l’économie nationale, notamment via l’accroissement des recettes publiques. D’ailleurs le décret, selon Reuters, relève sans ambages la « différence considérable entre le potentiel du pays et l’impact réel de l’industrie [du diamant] sur l’économie ».

Pour l’instant, rien ne filtre quant à la date choisie par le locataire du Palais présidentiel de Luanda pour publier son décret. Mais cela ne saurait trop tarder. «Nous allons bientôt annoncer une nouvelle structure pour l’industrie du diamant», confiait le président Laurenço début juin à Anvers lors d’une rencontre avec les grands groupes miniers mondiaux.

En effet, l’autre objectif de Luanda au travers de ce projet de décret est de refaire de l’Angola une destination attractive pour les investisseurs dans la filière diamantaire. Ces derniers avaient quasiment déserté ce pays d’Afrique centrale en raison du système qui a prévalu ces dernières décennies. Un système fait notamment de l’impossibilité pour les producteurs nationaux d’écouler leurs productions sans passer par l’intermédiaire de Sodiam. Une règle ayant entraîné un présumé manque de transparence dans le choix des acheteurs et une sous-tarification des pierres. Rien que sur ces six dernières années dans la seule mine de Catoca -la plus grande du pays et la quatrième au monde-, le manque à gagner se serait élevé à 464 milliards de dollars, selon un rapport présenté par la profession au gouvernement en mars dernier.

Désormais, les nouvelles dispositions voulues par le président de la République seront très attendues.

 

Source : La Tribune Afrique

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