Gabon : le groupe Total menacé par une grève de ses employés locaux

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Si leurs revendications ne sont pas prises en compte par la direction, les employés gabonais de Total Gabon pourraient entrer en grève de deux semaines, à partir du 30 juin prochain, a annoncé en guise de préavis, l’Organisation nationale des employés du pétrole ce mardi 26 juin dans un courrier transmis à l’opérateur pétrolier français.

Les employés gabonais de Total Gabon menacent d’entrer en grève dans les jours viennent. D’après l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) qui agit en leurs noms, l’opérateur pétrolier français ne veut pas apporter des solutions aux attentes « légitimes des travailleurs » exprimées depuis leur dernière Assemblée générale.

« Face à ce mépris et conformément à l’appel pressant des salariés de Total Gabon, l’Onep vient de déposer un préavis de grève de quinze jours qui expire le 30 juin prochain », a déclaré mardi dernier le secrétaire général de l’Onep, Sylvain Mayabi Binet, dans un courrier de préavis de grève transmis à la direction de Total Gabon. « Aussi à l’expiration dudit préavis, l’Onep se réserve-t-elle le droit de lancer une grève de quinze (15) jours dans toutes les installations où opère la société Total Gabon », a poursuivi le responsable syndical insistant sur leur détermination.

Amélioration des conditions de vie

Les revendications portées par l’Onep concernent essentiellement l’amélioration des conditions de vie des employés gabonais de Total Gabon. Plusieurs points y sont inscrits. On note par exemple l’indemnité d’incitation à l’adhésion à la nouvelle entité juridique, le plan de départ négocié et le bonus sur les futures cessions d’actifs. D’autres points relatifs aux situations socioprofessionnelles et au versement de certaines primes sont également soulevés par l’Onep. Les employés réclament, notamment « l’évolution des carrières, la classification socioprofessionnelle, le paiement du 13ème mois, le bonus programme 4 C, et l’élaboration d’un nouveau système de rémunération et la réduction du taux d’employés expatriés », indiqué l’Onep.

En ce qui concerne le 13ème mois, l’organisation précise qu’il devrait être payé à compter du 15 décembre 2018, « comme dans d’autres filiales du groupe et d’autres entreprises sur le territoire gabonais ». Quant à la question d’employés expatriés, l’Onep dénonce qu’actuellement, « il y a utilisation abusive de la main d’œuvre étrangère à Total Gabon avec un taux d’environ 20% de l’effectif global », et rappelle que la loi fixe le quota à 10%. Des revendications que Total Gabon doit prendre en compte d’ici le 30 juin sous peine de voir ses activités paralysées durant deux semaines dans un contexte pourtant peu favorable.

En effet, ce préavis de grève tombe dans un contexte économique très instable pour le Gabon. Déjà très dépendante des recettes tirées du pétrole lesquelles connaissent une chute depuis le début de la crise des cours des matières premières, l’économie gabonaise ne pourrait pas supporter une grève de deux semaines qui risque de faire chuter la production. D’ailleurs, la nouvelle grève interviendrait seulement quelques mois après une série de grèves qui a mis à mal les régies financières du pays avec à la clé des pertes estimées par le gouvernement, à environ un milliard de francs CFA par jour de grève.

 

Source : La Tribune Afrique

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