La diplomatie militaire de la Chine en Afrique

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Pékin abrite à  partir de ce mardi le premier forum Chine-Afrique sur la défense et la sécurité. Cette rencontre, qui va s’achever le 10 juillet, vise à  approfondir le partenariat stratégique entre la Chine et l’Afrique.

Selon un récent rapport du Sipri, le Stockholm international peace research institute, les ventes d’armes chinoises à  l’Afrique ont augmenté de 55%, depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping en 2013.

Il s’agit entre autres de la version chinoise de l’AK-47 bon marché qu’on retrouve dans des foyers de tensions comme la République démocratique du Congo, la Centrafrique ou le Soudan du Sud.

Le président de l’IPSE, l’Institut prospective et sécurité en Europe explique que « la Chine est après les Etats-Unis, le deuxième pays le plus impliqué dans les opérations de maintien de la paix. C’est une position que la Chine défend d’autant plus qu’elle a pour la première fois une base à  Djibouti. Une base qui pourrait accueillir jusqu’à  10.000 hommes. »

Cependant, ajoute Emmanuel Dupuy qui est aussi spécialiste des questions de sécurité, « la Chine est déjà  présente au sein de la Minusma avec un contingent militaire. Elle est présente au sein d’autres opérations de maintien de la paix. Je pense au Soudan du sud, je pense également à  la RDC, au Nigeria bien sà»r. La mise en place en juillet 2016 de la CARIC, Capacité africaine de réaction immédiate aux crises est aussi une structure que le gouvernement chinois veut aider. »

Absence de conditionnalité

Selon nos informations, il y a quelques mois, la Centrafrique a commandé au groupe étatique chinois Poly Technologies des véhicules blindés, mitrailleuses, grenades et autres armements. Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France s’y seraient opposés.
C’est pourquoi, le rédacteur en chef de la revue Défense nationale appelle Pékin à  plus de rigueur.

« Les matériels chinois sont robustes, fiables. Mais ils les vendent à  certains pays indépendamment des questions de gouvernance. Et bien, aujourd’hui, c’est facile de s’équiper en matériels chinois. Ils n’ont pas de compte à  rendre. Ces armements serviront pour le pouvoir politique, mais ne contribueront certainement pas à  rétablir une situation de stabilité et de sécurité dans la région », explique Jérôme Pellistrandi.

Une offensive qui ne surprend pas

La diversification de la présence chinoise en Afrique ne surprend pas la plupart des analystes. Ceux-ci estiment que Pékin a mis en place depuis 1998, une stratégie militaire consignée dans un livre blanc publié par le Conseil des affaires d’Etat. Ce document aurait recommandé d’accroitre les ventes d’armes et les formations militaires aux pays africains. Conséquence : en juillet 1999, une structure faisant office de service de renseignement a été créée avec l’opérationnalisation de cinq bureaux régionaux du Guoanbu, le ministère de la sécurité d’Etat, en Egypte, au Soudan, au Nigeria, en Angola et en Afrique du Sud. L’année 2015 a marqué un pas décisif, avec l’entrée en vigueur du concept civil puis militaire.

Déploiement des troupes

Pékin réitère aussi son engagement à  soutenir financièrement la mise en place de la force du G5 Sahel, chargée de lutter contre les djihadistes qui écument le nord du Mali, menaçant toute la bande sahélo-saharienne.

Par ailleurs, la Chine qui est considérée comme l’un des principaux contributeurs de casques bleus de l’ONU après les Etats-Unis a mis en attente une force estimée à  8 000 hommes prête à  intervenir sous mandat onusien. L’empire du milieu a également déployé au Soudan du sud ses premiers hélicoptères Mi-171.

Source : abangui.com

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