Hydrocarbures : Le Congo officiellement membre de l’Opep

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Le Congo a intégré le puissant cartel des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP) devenant ainsi le 7e pays africain et le 15e membres de l’organisation. Sur fonds de hausse des prix et de la production, Brazzaville entend désormais faire entendre sa voix malgré sa modeste production qui pourrait certes atteindre 350.000 barils par jour cette année.

Le Congo est officiellement devenu le 15e membre de l’Organisation des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP) devenant ainsi le 7e pays africain à intégrer l’organisation qui a été créée en 1960. La candidature du Congo a été adoptée à l’occasion de la 174e conférence des ministres du puissant cartel qui s’est tenue le vendredi 22 juin à Vienne en Autriche.

« L’adhésion à l’Opep donne désormais à la République du Congo une voix au sein d’une puissante organisation engagée à équilibrer l’économie mondiale et à maintenir un approvisionnement stable et fiable aux consommateurs de pétrole » a indiqué Jean-Marc Thystère-Tchicaya, le ministre des Hydrocarbures, ajoutant que l’organisation est responsable d’environ 40 % de la production mondiale de pétrole, et de plus de 80 % de ses réserves d’hydrocarbures.

« La République du Congo est honorée et se réjouit de rejoindre l’Opep afin de participer à préserver un équilibre dans les marchés pétroliers mondiaux et assurer un flux suffisant d’investissements dans le secteur des hydrocarbures. La période difficile que les marchés pétroliers ont récemment traversé nous rappelle le rôle essentiel qu’une institution comme l’Opep joue pour assurer la stabilité des marchés. Nous sommes fiers de pouvoir coopérer avec les leaders mondiaux du pétrole. », s’est félicité, Jean-Marc Thystère-Tchicaya, ministre congolais des Hydrocarbures après l’adhésion de son pays.

Selon les autorités congolaises, la décision d’intégrer l’OPEP vise à permettre au pays d’accéder « au rang des leaders mondiaux, porteurs de propositions dans les négociations internationales ». Dans un communiqué publié en janvier dernier et qui motive la candidature congolaise, la présidence a ajouté que « ce statut de membre de plein droit témoigne de l’engagement du Congo d’appartenir à un cartel ayant entre autres missions, la fixation des quotas de production, qui influe sur le prix de vente du pétrole, et ce, dans l’intérêt des pays membres ».

C’est désormais chose faite grâce notamment au soutien de certains pays membres comme l’Arabie Saoudite, le Qatar et le Venezuela qui a d’ailleurs tenu à féliciter le nouvel entrant. Ainsi donc, ce statut de membre à part entière permettra au Congo de participer aux négociations sur la fixation des prix, mais aussi la détermination des quotas de l’or noir au plan international. En somme participer à la prise des décisions et à la définition des politiques concernant le secteur pétrolier mondial malgré sa production modeste mais qui surfe sur de bonnes perspectives.

Production modeste mais perspectives prometteuses

Selon les projections du ministère congolais des Hydrocarbures, la production pétrolière pourrait atteindre et même dépasser les 350.000 barils/jour, en 2018. Actuellement elle est plutôt modeste et tourne en dessous des 200.000 barils mai les autorités comptent sur l’exploitation du gisement Moyo-Nord qui devrait produire près de 140.000 barils/jour et celui de Banga Koyo avec des prévisions de 50.000 barils/jour.

Lire aussi : Congo : la facture salée du FMI, une épée de Damoclès pour Sassou

L’adhésion à l’OPEP est intervenue sous de bons auspices pour le pays de Denis Sassou N’guesso qui a fortement pâtit de la baisse des cours de l’or noir entamée à partir de 2014. Les hydrocarbures constituent en effet le premier produit d’exportation du Congo avec une contribution de près de 85% aux recettes publiques et le manque à gagner des dernières années a provoqué une grave crise économique dans le pays qui a dû recourir à une assistance financière, avec des conditions drastiques, du FMI. Avec la récente décision de l’OPEP de rehausser sa production, prise vendredi et malgré des réticences et des inquiétudes du marché, le Congo peut espérer souffler un peu. En 2017, le pays faisait partie des 11 pays non-membres de l’Opep qui se sont associés à l’organisation pour s’accorder sur une coupe de production mondiale de 1,8 millions de barils par jour.

 

Source : La Tribune Afrique

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