Togo : les marches étouffées, l’opposition lance l’opération « Togo mort »

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La coalition de l’opposition togolaise a appelé à observer une journée «Togo mort» le 18 juin. Ce regroupement de 14 partis de l’opposition dont les manifestations publiques la semaine dernière ont été «empêchées» par le gouvernement change de stratégie et demande aux populations de ne pas sortir vaquer à leurs occupations.

Pour appuyer sa protestation contre les démarches du gouvernement, mais aussi réclamer les réformes constitutionnelles et institutionnelles comme elle l’entend, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition au Togo (C14), ne manifestera pas cette semaine à travers des marches sur toute l’entendue du territoire national.

Cette fois-ci, le regroupement politique a opté pour une journée «Togo mort» à observer ce lundi 18 juin. «Il y a des gens, quand nous lançons des manifestations, qui ont peur de sortir, peur de la répression. L’opération  »Togo mort » que nous lançons, c’est pour demander aux Togolais de ne pas sortir. On leur demande de rester chez eux. Parce que vous ne sortez pas dans la rue pour subir la répression », a expliqué Paul Dodji Apévon, un responsable de parti membre de la C14. Selon la coalition, à travers cette opération, il s’agit de se battre contre «la répression systématique de l’exercice du droit constitutionnel de manifester».

En effet, la semaine dernière alors que l’opposition avait programmé ses manifestations les 6, 7 et 9 juin, celles-ci n’ont véritablement pu se tenir. Au premier jour, les lieux de rassemblement des manifestants avaient été quadrillés par les forces de l’ordre sous les ordres du gouvernement qui avait demandé à la C14 de suivre un autre itinéraire. Ces actions avaient conduit à des échauffourées entre les forces de sécurité et de défense et les militants de l’opposition.

Pris par la peur face à l’armada sécuritaire, ces derniers n’avaient pas pu sortir le lendemain ni le 9 juin, malgré le mot d’ordre de maintenir les manifestations. «Le régime a une fois encore tout mis en œuvre pour empêcher les populations de Lomé et de certaines villes de l’intérieur de manifester», avait dénoncé Brigitte Adjamagbo-Johnson, coordinatrice de la C14. «La Coalition s’insurge contre cette violation du droit constitutionnel de manifester», avait-elle ajouté.

La Cour constitutionnelle insiste sur la tenue des élections

Mais alors qu’on s’attendait à une réaction de la Cour constitutionnelle sur cette «violation» présumée, mais aussi «répétée du droit constitutionnel de manifester», la plus haute juridiction togolaise a choisi d’intervenir plutôt en appelant au respect du calendrier électoral.

«Le mandat des députés actuels ayant débuté le 20 août 2013, date d’ouverture de la session de droit, il prend fin le 19 août 2018. En conséquence les élections doivent avoir lieu dans la période du 20 juillet au 19 août 2018», a rappelé la Cour dans un communiqué publié ce 12 juin.

«La Cour constate que le processus a accusé un retard par rapport aux délais constitutionnels et demande par conséquent à la CENI [Commission électorale nationale indépendante, NDLR] et au gouvernement de prendre les dispositions qui s’imposent pour organiser les élections législatives avant la fin de l’année 2018», indique avec insistance l’instance juridique.

Si cette intervention de la Cour constitutionnelle vient soutenir les engagements du président Faure Gnassingbé qui avait déclaré en avril dernier qu’il ferait tout pour respecter le calendrier électoral, elle est par contre très mal perçue dans le camp des contempteurs du pouvoir.

«La Cour constitutionnelle prouve encore une fois son allégeance au pouvoir exécutif. Cette institution ne tient aucun compte des efforts que font les Togolais en acceptant le dialogue politique», a affirmé ce mercredi Nathanaël Olympio, président du Parti des togolais et membre de la coalition de l’opposition, suite à la sortie de la cour constitutionnelle. Si celui-ci se montre un peu plus radical, certains de ses confrères comme Dr François Kampatibe, restent d’un autre avis : «La Cour constitutionnelle est dans son rôle», a-t-il insisté.

Cette montée de la tension entre pouvoir et opposition reprend, alors que début juin seulement, les deux parties avaient rencontré une commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et des émissaires des chefs d’Etat ghanéen, Nana Akufo-Addo et guinéen, Alpha Condé (tous deux, médiateurs mandatés par la CEDEAO pour la résolution de la crise), pour discuter des voies et moyens pour résoudre la crise et pouvoir formuler des recommandations au prochain sommet de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO qui aura lieu bientôt à Lomé.

 

Source : La Tribune Afrique

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