Mondial 2026 : face au Maroc, le trio Goliath remporte l’organisation

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«Notre pays ne se découragera pas de continuer à travailler pour le football, pour la jeunesse et fournira les efforts nécessaires pour accueillir la coupe du monde». L’amertume dans le cœur après avoir vu l’organisation de la Coupe du Monde 2026 lui échapper, Fouzi Lekjaa, le président de la Fédération royale marocaine de football, s’est voulu digne «bon perdant». Dans cette course à l’accueil de la plus prestigieuse compétition de football dans le monde, le combat avait les allures d’un David contre Goliath. A contre-pied de cette éphéméride biblique très populaire, le second a terrassé le premier. Mais ce dernier en sort grandi.

La Coupe du Monde 2026 attribuée au trio Etats-Unis, Mexique, Canada à l’issue du vote du 68e congrès de la Fédération internationale de football (FIFA) organisé mercredi à Moscou (Russie) !

Un remake sportif de David contre Goliath

Au terme d’un scrutin que l’on annonçait serré jusqu’au moment de l’ouverture du vote, la candidature «United 2026» a eu les faveurs de 134 fédérations sportives sur les 203 votantes dans cette salle du 68e congrès de la FIFA à Moscou, où s’ouvre ce 14 juin le Mondial 2018.

La candidature du Maroc n’aura recueilli quant à elle que les votes de 65 fédérations, soit 67% des votes pour la candidature américaine (Etats-Unis, Mexique, Canada), contre 33% pour le Maroc. Il faut dire que cette course aux voies avait tout d’un remake de David contre Goliath.

D’un côté, le Maroc. En dépit de sa position d’outsider, le pays nord-africain qui a porté à bout de bras une candidature qu’il voulait d’abord africaine, puis inclusive, en est à sa cinquième tentative en trente ans après avoir échoué pour accueillir les compétitions de 1994, 1998, 2006 et 2010. Pour l’attribution de la compétition en 2026, le Maroc avait tablé outre sur ses efforts dans la capacité organisationnelle, sur la passion du football dans cette «terre d’hospitalité  et de tolérance». Cela n’aura pas suffi !

Une défaite digne contre une victoire encrassée

Jusqu’à la veille du vote pourtant, les calculs laissaient encore entrevoir la possibilité que le Maroc accomplisse l’exploit de coiffer au poteau ses rivaux. Mais c’était sans compter avec les menaces ouvertes d’un bouillonnant Donald Trump qui n’a pas hésité à user de la menace pour convaincre certains pays d’attribuer leur vote à la candidature portée par son pays. Lui qui a ouvert un jeu de poker diplomatique contre le Maroc, donnant ainsi une forte coloration politique au football déjà miné par les magouilles.

A l’évidence, la candidature africaine a trébuché sous les tacles appuyés d’une task-force d’évaluation -une première- qui a vite fait de centrer les débats sur les infrastructures, plutôt que sur la communion autour du ballon rond. Digne jusqu’au bout, le Maroc s’est quand même relevé des tacles-ciseaux, des dribbles scélérats teintés de la face hideuse de la politique, des contre-attaques de trois pays,  pour s’acheminer vers son «one goal» (son seul but, son slogan).

A l’analyse, il faut reconnaître au pays nord-africain d’avoir pu montrer à la face du monde le visage d’une Afrique résiliente, capable de rivaliser avec les plus puissants de ce monde. Une Afrique où se construisent et se montent des projets ambitieux, celle qui a voulu faire rêver à nouveau le monde après South Africa 2010. Au coup de sifflet final, le Maroc ne repart pas avec le trophée de vainqueur, mais avec son score honorable de 33% des votes,il se remettra en selle pour accueillir cette compétition. Au passage, le Maroc démontre qu’une belle défaite dans la dignité vaut mieux qu’une victoire encrassée.

 

Source : La Tribune Afrique

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