fbpx
Accueil Société Centrafrique : La crédibilité de la CPI en question

Centrafrique : La crédibilité de la CPI en question

0
12

Le 08 juin 2018, 16h11, la nouvelle de l’acquittement de Jean Pierre Bemba traverse la Centrafrique et la République Démocratique du Congo comme un éclair. Alors qu’en Centrafrique, c’est la consternation, la déception voire la colère, de l’autre côté de la rive, l’on jubile comme pour confirmer la maxime, «le malheur des uns fait le bonheur des autres». 

Mais au-delà, de ces sentiments divergents et partant de l’hypothèse qu’à chaque procès, la Cour Pénale Internationale joue sa crédibilité, on peut dire que la chambre d’appel sur l’affaire procureur contre Jean Pierre Bemba Gombo, a écorché l’image de cette Cour. Déjà, ceux qui avaient confiance en cette Cour, ont protesté contre cet acquittement que Nicolas Tiangaye, Avocat de haute facture, à l’origine de la procédure qualifie de décision politique. Il est rejoint par Me Edith Douzima, celle-là qui comptait sur la Cour pour redonner espoir aux victimes, est plus remontée et considère l’acquittement de Jean Pierre Bemba comme «une parodie de justice, l’injustice dans la justice ou encore une décision historique de la honte».

Pour la Fédération Internationale des Droits de l’Homme, en pointe lors des enquêtes dans cette affaire, «cette décision est une insulte aux milliers des victimes». Même si en RDC et du côté de la défense, cet acquittement sonne comme une décision de justice on ne saurait ignorer qu’elle est tissée pour favoriser une candidature de Jean Pierre Bemba à la prochaine présidentielle. Mieux encore, ceux qui orientent la Cour sans se montrer, espèrent trouver un contrepoids à Kabila considéré comme indiscipliné. En Bemba, les décideurs des jeux politiques mondiaux, ont trouvé non seulement un candidat mais quelqu’un qui en cas de difficulté peut recourir à la force pour chasser l’indésirable.

Ils ont donné raison à ceux qui ont considéré la CPI comme un outil pour les grands décideurs de tenir le monde. En même temps, ils ont donné tort à nous autres qui y avions cru. En plus, ils ont sali et décrédibilisé la CPI mais vous savez, ce n’est pas leur problème, l’essentiel pour eux c’est d’utiliser cet outil pour atteindre un objectif qui est dans le cas présent la libération de Bemba qui est, selon les réalités politiques de la RDC, à la fois un plan A (élection) et un plan B (coup d’Etat).

J’accuse comme Dreyfus parce qu’au moins 5900 victimes sont sacrifiées sur l’hôtel d’intérêts politiques. Elles n’oublieront jamais les viols, les pillages, les assassinats, les destructions de leurs villages et de leurs biens. Dans ces jeux de haut niveau, elles ne peuvent compter. Eh bien la démonstration vient d’être faite.

Une condamnation aurait dû faciliter les deuils, apaiser les cœurs et permettre d’oublier les atrocités des Banyamulenge. Mais, on leur a tout refusé ; elles sont là, elles vont être là mais pour combien de temps encore?  Comme s’est interrogé l’accusé Blé Goudé devant cette même Cour, « tout ça pour ça ? ».

Source : rjdh.org

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

Centrafrique Actu est aussi disponible sur Android Télécharger
Hello. Add your message here.