L`ambassade du Gabon à  Paris honore Léon M`BA

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Il est certainement, avec Houphouà«t-Boigny et Senghor…, un des présidents africains qui aura marqué son temps. Léon M’BA, premier président du Gabon a été honoré du 27 novembre au 2 décembre par l’ambassade du Gabon à  Paris, 50 ans après sa mort.

Le 27 novembre 1967, après deux années d’une très longue maladie, Léon M’BA décédait à  Paris, à  l’âge de 65 ans. Celui qui a été chef de canton, militant des droits de l’homme, prisonnier politique, leader de parti politique, était devenu aussi maire de Libreville. Mais, brillant leader et homme politique, le destin de Léon M’BA dépassait le cadre d’une ville. C’est ainsi que l’homme est devenu Premier Ministre puis Président de la République du Gabon.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fut un brillant homme politique, respecté par ses pairs. Son slogan « Gabon d’abord » plaçait ses compatriotes et son pays aux premières loges de ses préoccupations. Pour Léon M’BA, les richesses du pays devaient profiter aux nationaux du pays. Ce qui a fait du premier président du Gabon un homme aimé et adulé à  l’intérieur comme à  l’extérieur de son pays. Une vie politique qui méritait de ce fait un hommage mérité.

La carrière, la personnalité et l’œuvre de cet homme politique ont donc fait l’objet d’une exposition à  l’ambassade du Gabon à  Paris. Dénommée « Léon M’BA : 50 ans après », l’exposition aura été un vrai succès. Organisée de main de maitre par S.E.M Flavien Enongoué, ambassadeur du Gabon en France, et rehaussée par la visite du Vice-président gabonais Maganga MOUSSAVOU, cette semaine du souvenir a connu de nombreux temps forts. Tout a commencé par une messe en mémoire de l’illustre disparu.

Puis, les photos, les écrits tels que « Essai du droit coutumier pahouin », les archives sonores et audiovisuelles et de nombreuses photos ont tapissé les murs de la représentation diplomatique gabonaise à  Paris. Hormis, ces nombreuses archives, des tables-rondes ont été organisées pour faire parler des scientifiques et intellectuels. Au total, une semaine pleine et instructive afin que les jeunes générations se souviennent de l’œuvre excellente de Léon M’BA.

L’exposition consacrée à  l’ancien président n’avait certes aucune prise directe avec l’actualité du pays. Et même si certains ont essayé de la perturber, selon l’ambassadeur du Gabon, le diplomate s’est dit satisfait du déroulement des événements. Léon M’BA méritait un bel hommage ; cela lui fut rendu, et c’est cela le principal.
Envoyé spécial Malick Daho

Ils ont dit… après l’exposition
Elikia M’BOKOLO (Directeur des Etudes à  l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales à  Paris)

« Je retiens de cette exposition l’action, l’œuvre et l’héritage du premier président de la République du Gabon. J’ai exprimé comment jeune garçon, j’ai rencontré (sans l’avoir vu) le président Léon M’BA au moment de son décès à  Paris. J’ai donc voulu dresser sa figure par rapport aux Chefs d’État de l’époque. J’ai voulu montrer sa singularité, dresser aussi sa stature en Afrique centrale et aux yeux du peuple gabonais. Et dire aussi que nous avons beaucoup à  apprendre de son héritage, de ce qu’il a été comme homme d’État, de ce qu’il a fait comme président et de ce qu’il a été comme président à  la tête du Gabon.

Quels conseils pouvez-vous donner aux autres pays Africains?

L’exposition organisée par Son Excellence Flavien ENONGOUE a été un modèle. En général, on chante l’hymne national, on mange bien et on boit Champagne. Là , ça a été 50 ans après la mort de Léon M’BA, l’occasion de revenir sur les fondamentaux de sa pensée, de son action et de dire quel peut être son héritage. Tout ce qu’il a écrit et dit reste objet de discussions. Ça veut dire que la continuité de la nation peut s’ancrer sur ses initiatives qui doivent être discutées afin que l’on s’en approprie. Désormais les autres pays africains ne devront pas se contenter de festoyer mais d’organiser aussi de grands moments de réflexions pour apprendre de nos victoires et de nos échecs.

Grégoire BIYOGO (Professeur de poétique à  l’Université Omar BONGO de Libreville) :
Au terme de ces Assises, il est apparu important d’interroger la figure de Léon M’BA de la façon la plus objective. En interrogeant cette figure, nous interrogeons l’histoire du continent africain. On a eu des traits importants notamment la prépondérance de la citoyenneté, l’unité, l’inseparabilité du citoyen, de l’État et de la République, la valeur du travail, le protectionnisme économique.

Au moment où nous parlons aujourd’hui de nouveaux partenariats, nous avons besoin d’un enracinement dans les valeurs qui nous permettent de raconter l’histoire du continent africain par nous-mêmes, avec nos références, sans que ce soit celles qui soient déjà  là  et qui ne disent pas toujours les choses par rapport à  l’histoire du continent africain. La présence des autres Africains était importante car nous sommes liés par un destin commun. Je trouve cela extraordinaire. Nous invitons les autres pays africains à  faire pareil. Je pense à  Sylvanus Olympio du Togo, Thomas Sankara du Burkina Faso ou encore Félix Houphouà«t-Boigny de la Côte d’Ivoire… Il nous faut revisiter l’histoire à  l’aune de notre propre regard. Voilà  la leçon à  tirer.

Pierre Franklin TAVARES (Philosophe)
Un Souvenir porte la mémoire de Léon M’BA et qui, 50 ans après, vient de donner lieu à  une remarquable Exposition à  l’Ambassade du Gabon à  Paris, avenue Raphaà«l dans le 16ème arrondissement de Paris, du 28 novembre au 2 décembre 2017.

Dans la recollection du souvenir (Hegel), ce fut, peut-on dire, un bel hommage rendu au premier président de la République du Gabon. Cette mémoire, qui renvoie à  la définition qu’en donne Saint Augustin, s’est organisée selon deux pentures : tout d’abord, trois Stands ont exposé les images (photos), les sons (radiophoniques, audiovisuelles) et les écrits (écrits, publications) de ou sur Léon M’BA. Ensuite, quatre Tables rondes (approche pluridisciplinaire) eurent pour thèmes la vie, l’action, la pensée et l’œuvre de Léon M’BA. Dans quelques mois, ces communications donneront lieu à  un ouvrage.

Il faut saluer ce type d’initiative intellectuelle qui donne à  la Convention de Vienne de 1961 (relations diplomatiques entre États) une impulsion toute nouvelle : penser, depuis Paris, la vie des « pères africains » des indépendances, à  la lumière des sciences, pour les générations montantes.

Comment ne pas féliciter S.E.M. Flavien ENONGOUE, ambassadeur du Gabon en France, et brillant philosophe. Puisse ses homologues s’inspirer de son initiative.

TDMZ
Paru dans Diasporas-News n°91 Décembre 2017

Source : abangui.com

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