En Centrafrique les leaders religieux disent Stop aux interférences étrangères

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La Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, PCRC, composée de Musulmans, Chrétiens Catholiques et Protestants, a rendu public le vendredi 25 mai 2018, un mémorandum sur la persistance de la crise depuis 2012 suites à  l’avènement de la coalition Séléka aux pouvoirs de l’Etat.

Signé par les trois leaders de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, pour l’Eglise catholique, l’Imam Omar Kobine Layama pour les musulmans et le Pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, pour les Protestant, le mémorandum exprime des inquiétudes et des interrogations sur la persistance de la crise dans le pays, et dit « Stop » aux interférences étrangères en République centrafricaine. La Centrafrique est secouée ces derniers temps par des violences qui ont causé des victimes et la destruction des biens matériels. Parmi les victimes, rappellent les leaders de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, le père Albert Toungoumala Baba, qui a été tué le 1er mai avec un groupe de fidèles lors de l’attaque de la paroisse Notre Dame de Fatima, près du quartier PK5 de Bangui.

Plusieurs raisons à  l’origine de la crise

Pour les leaders religieux de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, la crise a ses origines d’une part dans « la mauvaise gouvernance, la corruption, le clientélisme, l’exclusion, le régionalisme, le refus de l’alternance politique, la pauvreté, la mauvaise redistribution des richesses, la faiblesse des institutions républicaines, la crise de leadership, l’impunité et l’insécurité, maintes fois dénoncés ». Par ailleurs, le mémorandum dénonce, « les visées de certains pays voisins et étrangers, qui cherchent à  dérouler, en Centrafrique, des agendas cachés afin de l’occuper, par le biais de groupes armés orientés et entretenus par eux, pour ainsi contrôler les ressources du pays ».

Des tentatives pour déstabiliser le pays

Les leaders de la plateforme dénoncent l’alliance de certains centrafricains, avec des mercenaires étrangers pour déstabiliser le pays. Une alliance qui se sert de la division factice entre Chrétiens et Musulmans pour faire diversion et orchestrer la violence. Pour les leaders, l’objectif réel de ces factions est la prise du pouvoir et le contrôle des richesses naturelles de la Centrafrique au détriment du peuple. Les leaders religieux réaffirment que le conflit a une origine politique et non religieuse.

Un manque de professionnalisme de la part de la « MINUSCA »

Le mémorandum dénonce également le manque de professionnalisme de certains contingents de la Mission des Nations Unies en Centrafrique, MINUSCA, les accusant même de fournir des armes et des munitions à  certains groupes rebelles. Les chefs religieux concluent le mémorandum avec quelques recommandations pour surmonter la crise. Ils invitent les jeunes à  ne pas céder aux manipulations ethniques et religieuses pour s’enrôler dans des groupes armés qui sèment l’instabilité dans le pays. Ils appellent également la population, à  respecter les croyances de chaque citoyen et les lieux de culte.

Enfin, ils exhortent les centrafricains à  s’engager dans « un dialogue franc et inclusif à  la base avec la population du Km 5 et celle de l’ensemble du territoire national pour un retour à  une paix durable en Centrafrique. »

Dans un texte publié vendredi 25 mai, la Plate-forme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC) estime que la crise du pays n’a pas seulement des origines internes.

Pour les confessions religieuses centrafricaines, la crise que traverse le pays depuis 2013 n’a pas que des origines internes, mais est attisée par des ingérences extérieures. Les religieux de Centrafrique ont exprimé cette conviction, vendredi 25 mai, dans un memorandum signé par l’imam Omar Kobine Layama, chef de la communauté musulmane, le pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, président de l’association des Églises évangéliques de Centrafrique et le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui.

Au nombre de ces ingérences, les trois guides religieux citent celles de certains pays voisins et étrangers, de certains contingents de la Mission des Nations unies en Centrafrique et les pressions de la communauté internationale pour la formation d’un gouvernement d’union nationale au mépris de la justice. à€ leurs yeux, certains pays voisins « cherchent à  dérouler dans le pays des agendas cachés afin de l’occuper, par le biais de groupes armés orientés et entretenus par eux, pour ainsi contrôler les ressources ».

Ils s’opposent à  l’amnistie de certains mercenaires

Depuis la chute du président François Bozizé en 2013, de nombreux groupes armés s’affrontent en Centrafrique. L’ancien président avait été chassé par un coup d’État fomenté par la Séléka, une coalition de groupes armés à  majorité musulmane venue du nord du pays et de mercenaires venus du Tchad et du Soudan.

Dans ce contexte, les religieux centrafricains exigent la mise en place d’une « Commission vérité, justice, réparation et réconciliation » et s’opposent à  l’amnistie de certains mercenaires ayant commis des « crimes atroces » et à  leur éventuelle entrée dans un gouvernement d’union nationale.

Source : abangui.com

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