Tchad : grève illimitée à partir de ce lundi dans le secteur public

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Les fonctionnaires au Tchad démarreront, ce lundi 28 mai, une grève sèche et illimitée, a annoncé samedi à N’Djamena, la plateforme intersyndicale tchadienne qui regroupe quatre syndicats du pays. Une décision prise suite au rendez-vous manqué entre le chef de l’Etat Idriss Déby et les responsables syndicaux.

C’est le retour à la grogne sociale au Tchad. Quelques semaines seulement après avoir promulgué la nouvelle constitution et formé un nouveau gouvernement, le président tchadien Idriss Déby Itno va devoir déjà faire face aux revendications des travailleurs du secteur public. Une grogne sociale qui, si elle n’est pas rapidement gérée, pourrait avoir un impact direct sur l’économie du pays.

Réunis en Assemblée générale ce samedi, les responsables de la plateforme intersyndicale regroupant quatre syndicats ont décidé de déclencher, dès ce lundi 28 mai, une grève sèche et illimitée. Cette décision, apprend-on, intervient 24 heures après le rendez-vous manqué entre le chef de l’Etat et les responsables syndicaux.

Invités au palais de la présidence, ces derniers espéraient s’entretenir avec le chef de l’Etat. Ils se contenteront finalement d’une rencontre avec les membres du cabinet du président qui déclareront «qu’il n’y a pas de moyen de suspendre les coupes sur les salaires» des fonctionnaires. «Nous avons eu deux séances de travail avec le cabinet du président de la République qui n’ont rien donné», a déclaré Michel Barka, le porte-parole de l’intersyndicale, indiquant que les syndicats sont «excédés» et prêts à aller «jusqu’au bout». «La grève reprend de plus belle et de manière illimitée» avec un «service minimum» dans les hôpitaux, mais «qui va évoluer en fonction de la position du gouvernement», a ajouté le responsable syndical.

Au rang des revendications des travailleurs, le paiement de leur «salaire intégral» qui subit une ponction depuis janvier dernier. Le gouvernement avait coupé de 50% les primes et indemnités des fonctionnaires -déjà réduites de 50% en 2016. Ainsi, explique Michel Barka, le fonctionnaire tchadien a perdu environ 100 000 francs CFA par mois, soit un tiers de ses revenus depuis l’année 2016.

Le responsable syndical, citant le gouvernement tchadien, a laissé entendre que de janvier à mai, la coupe de 50% opérée sur l’augmentation générale spécifique (AGS) a rapporté plus de 14 milliards de francs CFA. En procédant ainsi jusqu’en décembre 2018, l’Etat pourrait économiser environ 35 milliards de Fcfa  sur l’AGS uniquement, a-t-il dit.

Le gouvernement demande un moratoire

Pour le gouvernement, la coupe sur les salaires devrait se poursuivre jusqu’à atteindre une économie de 30 milliards de francs CFA conformément aux exigences du Fonds monétaire international (FMI). Une orientation pas assez claire pour les syndicats.

Michel Barka a confié que les tentatives d’avoir des explications sur les ponctions faites depuis septembre 2016 sont restées sans réponses «claires». «La seule réponse donnée est qu’il n’y a pas de moyens», insiste le porte-parole de l’intersyndicale.

Pour trouver une issue à cette situation, les autorités tchadiennes demandent à avoir plus de temps. A en croire Barka, le secrétaire général de la présidence a demandé aux travailleurs de cesser toute menace de grève et d’accorder un moratoire au gouvernement jusqu’au mois de décembre 2018. « Non !», ont rétorqué les travailleurs.

Ainsi déclenchent-ils la grève jusqu’à satisfaction de leurs revendications ou du moins jusqu’à amener le gouvernement à respecter l’accord signé en mars dernier qui stipule le paiement des salaires aux travailleurs grévistes ; un moratoire de trois mois sur les crédits consentis par les banques ; le maintien de l’abattement des salaires jusqu’au mois d’avril 2018 ; le remboursement de la différence des salaires coupés, mais également le paiement du salaire intégral à partir du mois de mai 2018. Seuls deux points ont été respectés à ce jour, dont le paiement des grévistes.

 

Source : La Tribune Afrique

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