Après les violences, Bangui retrouve le calme peu à peu

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Le quartier commerçant du PK5, qui abrite la majorité des musulmans de Bangui, était pratiquement en état de siège depuis plusieurs semaines, après des violences intercommunautaires qui ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés début mai.

« Les activités ont repris et toutes les boutiques sont ouvertes maintenant (au PK5). Les camions et les taxis recommencent à circuler au niveau du Pont Jackson où la Minusca (mission de l’ONU en Centrafrique, 10.000 soldats) est présente », a expliqué sous couvert d’anonymat un grand commerçant du quartier musulman. « Les gens sortent de chez eux prudemment », ajoute-il.

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Le centre de santé Henry Dunand, géré par la Croix-rouge centrafricaine et situé au coeur du PK5, a pu reprendre ses activités, alors qu’il était paralysé depuis le début du mois.

« Aujourd’hui, nous pouvons faire les relèves des médecins et acheminer les médicaments. Il y a un retour de la situation à la normale depuis le 16 mai », a déclaré à l’AFP Jean-François Sangsue, chef de la délégation centrafricaine du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« La situation est calme à Bangui. Nous avons renforcé les patrouilles à certains endroits sensibles tel que les lieux de cultes », renchérit Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca.

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Les barricades, installées dans le 2e arrondissement de Bangui (sud de la capitale), ont pour la plupart disparu. Seules restent des barricades dans le quartier Lakouanga, où les jeunes qui les tiennent se disent prêts à « défendre le quartier, coûte que coûte » contre les milices du PK5.

La Minusca n’a cependant pas repris de patrouilles à l’intérieur du PK5.

En avril, une opération de démantèlement des bases des milices du quartier par l’ONU accompagnée des forces de sécurité centrafricaines avait abouti à des combats qui ont fait plusieurs dizaines de morts dans le quartier.

Les milices sont toujours présentes au PK5, et les points d’entrée du quartier restent des zones à risque, selon les commerçants rencontrés par l’AFP.

« Même si l’on peut faire du commerce, les gens ont peur. Personne ne passe aux endroits comme Fatima, Castor ou Avenue de France. C’est encore bloqué, il y a des barricades là-bas », explique ainsi un autre marchand.

Depuis plusieurs semaines, la capitale centrafricaine connaissait un regain de violences dans le quartier musulman du PK5 et à proximité. Plusieurs marchés et deux journées « ville morte » ont été organisées en protestation contre ces violences.

Avec AFP

 

Source : VOA Afrique

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