Les civils paient le prix de la nouvelle vague de violences en Centrafrique

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Bangui – La population civile a payé au cours des deux dernières semaines le prix de la résurgence de la violence dans plusieurs préfectures. Les acteurs humanitaires n’ont pas été épargnés non plus. Une altercation entre un groupe armé et les Forces de sécurité intérieures à  Bambari, dans la préfecture de la Ouaka, a conduit le 15 mai au pillage de bases de quatre ONG dont le personnel a été malmené.

Le Coordonnateur humanitaire en République centrafricaine, Najat Rochdi, condamne fermement ces énièmes attaques contre les travailleurs humanitaires dont l’action n’est guidée par aucun autre critère que les principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance. « Ces actes d’une extrême lâcheté sont certes un coup dur pour les humanitaires mais constituent une double peine pour les personnes vulnérables qui seront privées d’une assistance dont elles ont tant besoin » a-t-elle déploré. Avant ces derniers incidents, Bambari abritait près de 35 000 personnes déplacées qui dépendent en majorité et principalement de l’action humanitaire pour survivre.

Au cours du premier trimestre 2018, 3 261 incidents de protection ont été recensés à  travers le pays. Dans la même période, 63 attaques ont directement ciblé les travailleurs humanitaires. Au cours de la première quinzaine du mois de mai uniquement, ils ont été victimes de 15 incidents. A cet égard, Najat Rochdi a rappelé que « souvent les humanitaires sont les seuls à  apporter un secours vital à  la population dans le besoin. Leur porter atteinte revient à  porter un coup de grâce aux plus vulnérables ». Le Coordonnateur humanitaire exhorte « toutes les parties à  respecter sans délais le Droit international humanitaire ». Elle a aussi rappelé que « les atteintes aux humanitaires peuvent être considérées comme des crimes de guerre et partant, passibles de poursuites judiciaires ».

Najat Rochdi a exprimé sa plus vive inquiétude à  propos du regain de violence en Centrafrique et de sa propagation dans des régions relativement stables et où des projets pilotes de relèvement post-conflit commençaient à  être développés comme à  Bambari et à  Paoua. « Cette tendance nouvelle, si elle se maintenait, constituerait un recul dangereux pour la Centrafrique » a-t-elle averti. L’impact des nouvelles violences se traduit par des déplacements de population et par de nouveaux besoins alors que la réponse humanitaire reste sous-financée.

Cette année, 6 personnes en mission humanitaire ont perdu la vie. La Centrafrique reste l’un des pays les plus dangereux au monde pour les opérations humanitaires.

Source : abangui.com

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