Centrafrique : mafia au ministère des Transports, comment le ministre Jousso rackette les sociétés ? Enquête spéciale

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Près d’une dizaine des sociétés arnaquées, environ un demi-milliard de francs CFA empochés illégalement et un montant incalculable de préjudice causé au pays, le ministre des Transports Théodore Jusso semble être déterminé à  faire enraciner son système mafieux au sein du département des transports qu’il dirige depuis 2016.

Même si le ministre Théodore Jousso est considéré par une partie dais centrafricains comme l’unique membre du gouvernement qui propose un tas des projets pharaoniques de rêve difficilement réalisables, il est aussi, sans oublier, le seul ministre du gouvernement Sarandji à  implanter d’une manière durable au sein de son département, avec la complicité de son Premier ministre, une organisation criminelle digne de la mafia italienne.

Le jeu dangereux d’attribution des marchés publics.

Connu pour son jeu de cash cash avec les entreprises privées, le ministre Théodore Jousso ne recule devant rien pour arnaquer certaines sociétés volontairement attirées par un avis d’appel d’offres public fantaisiste de son département. Plusieurs cas sont relevés, mais celui du marché public de fourniture des titres sécurisés, des plaques d’immatriculation est le plus flagrant.

D’après notre enquête au ministère des Transports, chaque société, intéressée par ce marché, doit verser au ministre et à  certains de ses collaborateurs un pot-de-vin estimé autour d’une centaine de millions de francs CFA et après, c’est le jeu de ping-pong qui s’en suit.

Depuis son arrivée à  la tête de ce département des transports, on note déjà  au moins 3 sociétés dévalisées par le ministre Jousso avec ce système mafieux.

Même si en 2012 la société SODISEC de monsieur Serge MISALI de nationalité franco-italienne, associée avec l’abbé Chapu, lui aussi de nationalité française, qui a Exercée du 7 septembre 2006 au 6 septembre 2012, celle-ci a bien rempli sa mission avant de finir son contrat quelque temps avant le départ du Président François Bozizé du pouvoir en 2013.

Cependant, la société de monsieur Éric TEYA dénommée Busness Société, qui est purement centrafricaine, a pris le relais de la SODISEC en 2012 avant de voir son contrat unilatéralement suspendu par le ministre Jousso en 2016 juste après sa prise de fonction. Malgré plus de 200 millions de francs CFA dépensés pour son investissement dans le pays, le ministre les a contraints à  fermer leur porte sans aucune compensation quelconque.

D’autres sociétés comme celle de monsieur Dominique Yandocka de nationalité centrafricaine, associée avec des hommes d’affaires ivoiriens, a vu son contrat lui aussi résilié d’une manière unilatérale par le ministre Jousso malgré des versements de pot-de-vin conséquent.

La troisième société victime est la SOCAFODOS de monsieur Aboukar Kaltime. Alors que cette société a été retenue après un avis d’appel d’offres international, monsieur Jousso n’a pas hésité un seul instant à  lui faire subir le même sort.

Après la rupture de son contrat d’une manière unilatérale, un recours a été fait auprès du tribunal administratif de Bangui. La société avait gagné le procès et les juges ont ordonné la reprise de ses activités. Contre toute attente, le ministre Jousso refuse catégoriquement d’appliquer la décision de la justice centrafricaine. Il bloque toujours le redémarrage des activités de la SOCAFODOS, malgré la décision du Président Touadera lors du conseil des ministres qui ordonne au passage à  cette société de reprendre aussi ses activités. Elle aurait investi environ 400 millions de francs CFA.

Finalement, entre le Président Faustin Archange Touadera et le ministre Théodore Jousso, qui commande qui ?

Par contre, d’autres sociétés victimes du ministre Jousso ne sont pas figurées sur cette liste pour la simple raison qu’on n’a pas pu retrouver leur document au ministère. Malgré tout, parmi celles-ci, beaucoup manifestent leur désir de faire recours à  la justice contre l’État centrafricain.

Alors qu’un marché en cours d’exécution qui fait l’objet d’une résiliation de contrat par les autorités, celui-ci ne pourrait pas être attribué à  une nouvelle société sans que la précédente ne soit indemnisée. Force est de constater que d’autres sociétés continuent de se battre en coulisse pour pouvoir obtenir ce marché des titres sécurisés et des plaques d’immatriculation. Des pots-de-vin sont distribués par-ci, par-là .

Le directeur général des transports, monsieur Wenceslas Nguélékoumou, lui aussi bénéficiaire de cette manne financière qui tombe du ciel selon leur langage, multiplie aussi de son côté des fausses manœuvres pour tenter d’empocher gros. Une maison construite au quartier Galabadja 2 sur la rue des sinistrés à  côté de l’Espace Lingatéré clé à  la main par une société concurrente a été remise gracieusement au directeur général des transports, ainsi qu’un pick-up Toyota Land-Cruiser, numéro de châssis JT111GJ9500085249.

Les conséquences ?

Sans pour autant rentrer dans des détails techniques, il est bien simple de noter que l’État centrafricain, dans des pareils cas, doit indemniser les sociétés victimes à  hauteur du coà»t de financement de l’entreprise, le coà»t de matériels mis à  l’œuvre pour l’exécution du marché, ainsi que le salaire du personnel couvrant la période de 10 ans.

Les dommages et intérêts seraient précisés par les juridictions compétentes.

L’exemple précédent au Niger dans l’affaire Afrikard contre l’État nigérien dont l’entreprise a été indemnisée à  hauteur de 15 milliards de francs CFA pourrait faire réfléchir davantage le pouvoir de Bangui. Avec plus de 4 sociétés victimes, la RCA ne va certainement pas s’en sortit aisément comme pense Théodore Jousso.

Rappelons que le ministre Jousso n’est pas à  son premier coup sur son département. On lui a attribué plusieurs sociétés fictives qu’il a créées avec des prêts-noms pour rafler des dizaines des marchés publics de son département.

Même dans le marché de la réfection et de la clôture de l’aéroport de Bangui Mpoko, les sociétés chinoise et sud-africaine qui ont raflé le marché ont lourdement versé des pots-de-vin au ministre Jousso. D’ailleurs, l’homme est connu pour son besoin extrême d’argent. Aucun marché n’est attribué sans passer par la case de pot-de-vin.

Pour plus de détails, d’autres enquêtes sont en cours dans ce ministère des transports qui, depuis plusieurs mois, ne délivre plus des plaques d’immatriculation, encore moins des permis aux usagers. On compte déjà  environ 8000 véhicules et près de 11 000 motos qui circulent sans plaque dans le pays avec toutes les conséquences qu’on connait.

Source : abangui.com

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