Afrique centrale : un guichet unique envisagé dans la gestion du transport sur les corridors Douala-Bangui et Douala-N’Djamena

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Le projet de facilitation de transport sur les axes routiers entre le Camroun, le Tchad et la Centrafrique est appuyé, depuis plus de dix ans, par la Banque mondiale, en vue de renforcer l’intégration socio-économique par la libre circulation des biens et des personnes.

Des représentants des trois pays se sont vus, la semaine dernière à  Douala, la métropole économique camerounaise et porte d’accès à  la mer pour le Tchad et la Centrafrique, en présence de spécialistes du transport de la Banque mondiale, en mission de supervision dans la région.

Ces pays appartiennent à  la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac), composée également du Congo-Brazzaville, du Gabon et de la Guinée équatoriale et représentant un espace communautaire connu pour être le moins économiquement intégré du continent, avec des échanges ne parvenant pas à  atteindre 3% du total de son commerce, selon les estimations.

Depuis plus de dix ans, une ligne de crédit de six cent cinquante-cinq millions de dollars de la Banque mondiale permet le financement, dans les trois pays, de ce projet de facilitation du transport en Afrique centrale afin d’améliorer la qualité des infrastructures, d’accroître les échanges et de renforcer l’intégration socio-économique par la libre circulation des biens et des personnes.

Aujourd’hui, ce projet s’emploie aussi « à  améliorer les capacités des administrations douanières du Tchad, de la Centrafrique et du Cameroun pour établir des marges plus aisées pour les transporteurs, pour la facilitation du transit », a expliqué à  Xinhua Pierre Bonneau, l’un des membres de la mission de supervision de la Banque mondiale.

Sur ces axes routiers, les transporteurs se plaignent d’être victimes de tracasseries liées à  une multitude de postes de contrôle et des versements financiers irréguliers en faveur des agents de ces services. Le guichet unique devra permettre de faire cesser ces pratiques assimilées à  des entraves à  la facilitation du transport et du commerce.

Par ailleurs, si Douala joue un rôle crucial dans les échanges entre ces pays, son port commercial, par lequel le Tchad et la Centrafrique continuent d’être connectés au marché international, n’est pas exempt de reproches.

A cause de longs délais de passage de marchandises à  ses quais, l’infrastructure logistique est apparue comme un « point de blocage » pour ses clients et les observateurs, comme en témoignent diverses études réalisées par la Banque mondiale. En cause, le niveau des tarifs pour le stockage des marchandises sur les sites d’exploitation. Depuis janvier, cependant, ces tarifs ont été revus à  la baisse pour permettre de décongestionner le port et d’en améliorer l’efficacité.

De l’avis de Pierre Bonneau, ce projet de facilitation du transit permettra également d’apporter « des solutions d’investissements sur les corridors routiers et ferroviaires entre Douala-Yaoundé-N’Djamena et Douala-Yaoundé-Bangui ». Par exemple, cent kilomètres de route bitumée entre Ngaoundéré et Mbéré, dans le nord du Cameroun, viennent d’être réceptionnés.

« Nous étions principalement dans l’extrême-nord pour la reprise des travaux sur la route Mora-Dabanga-Kousseri, qui est un élément important de ce corridor et qui sera le dernier chaînon manquant pour pouvoir retrouver l’entièreté de cette infrastructure logistique », a ajouté le responsable de la Banque mondiale.

Long de 205 km, cet axe relie le Cameroun directement à  N’Djamena, la capitale tchadienne. Sa réhabilitation, suspendue à  cause des attaques menées par la secte islamiste nigériane Boko Haram dans la région, après avoir été confiée dans un premier temps à  une entreprise chinoise, est aujourd’hui réalisée par le génie militaire du Cameroun.

C’est un investissement d’un coà»t de soixante et un milliards de francs CFA (environ cent vingt-deux millions de dollars), dont quarante-six milliards de FCFA (quatre-vingt-douze millions de dollars) apportés par la Banque mondiale et le reste par le gouvernement camerounais.

« Il y a déjà  eu un progrès extrêmement important en matière de qualité de l’infrastructure. Que ce soit le long de Douala-N’Djamena ou de Douala-Bangui, on a maintenant des corridors qui ont quasiment été entièrement refaits. Il manque encore quelques sections, mais je dirais qu’on n’est plus très loin de l’objectif final d’avoir des corridors complètement intégrés », a résumé Pierre Bonneau.

Source : abangui.com

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